Des barbiers à Athènes le 4 mai 2020. Louisa Gouliamaki/AFP
« Sortie d’un labyrinthe »
« C’est maintenant que commence la phase difficile. Le retour à une nouvelle normalité ressemble à la sortie d’un labyrinthe », a déclaré hier le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas, en annonçant le lancement d’une campagne de dépistage.Les 25 premières des 500 équipes dédiées au dépistage ont été déployées sur le terrain pour tester les personnes vulnérables et les établissements fermés, comme les prisons et les maisons de retraite, a-t-il précisé. Sans plus attendre, la population, qui n’a plus besoin d’autorisation pour sortir, s’est déversée sur la place Syntagma et dans les rues adjacentes, se massant devant les banques ou s’attardant devant les vitrines des commerces non essentiels qui n’ouvriront que le 11 mai. Devant le Parlement, les evzones, les gardes présidentiels en jupe plissée blanche, ont retrouvé leur public, devant un flot de voitures d’où s’échappent des musiques traditionnelles. Près des bouches de métro, des policiers s’assurent que les usagers respectent l’obligation de porter des masques dans les transports en commun.
Evanthia Voglis a repris le métro pour la première fois depuis le 23 mars. « Nous étions peu nombreux dans les rames du métro. Beaucoup restent effrayés », rapporte cette femme de ménage.
« Épuisés par le confinement »
« Les Athéniens se baladent aujourd’hui car ils sont épuisés par le confinement, mais ce n’est pas sûr qu’ils aillent faire pour autant des emplettes, estime Nikos Kontos, propriétaire d’un magasin d’équipements électriques. Il ne faut pas oublier que beaucoup ont été mis au chômage partiel ces derniers mois et n’ont ni le moral ni les moyens de faire du shopping. » « On n’est pas les plus malheureux dans l’histoire », souligne Sébastien Fombauron, dont le salon de coiffure Cube a bénéficié de 800 euros d’aide de l’État pour chacun de ses deux salariés et de 40 % de réduction du loyer. « C’est un bon coup de pouce, et on n’a pas de dette, je pense qu’on ne va pas mettre trop longtemps pour revenir à l’équilibre. »
Mais pour d’autres, « les conséquences économiques et sociales risquent d’être dramatiques », estime Adonis Papadakis, comptable à Athènes. « Notre activité a chuté de 70 % depuis le 18 mars », explique Alkis Tafemboneras, propriétaire de la librairie Pleiades qui avait pourtant mis en place un système de commande en ligne et de livraison à domicile. « Nous avions besoin de rouvrir, renchérit Irini Karra, une employée de la librairie Books and Bean. Nous n’avions aucune rentrée d’argent ces dernières semaines alors que nos factures s’accumulent. »
Marina RAFENBERG,
Chantal VALER/AFP