AFP / Prakash SINGH
Une partie des Indiens était appelée lundi à retourner au travail malgré le confinement national, mais cette reprise partielle de l'activité économique se heurtait à des difficultés pratiques dans un pays à l'arrêt.
Le gouvernement de Narendra Modi a autorisé la semaine dernière, sous un certain nombre de conditions notamment sanitaires, le redémarrage de plusieurs secteurs économiques (certaines industries, construction, plantations, pêche...) à compter de ce lundi. Ces mesures concernent principalement les zones rurales.
Ces secteurs sont venus s'ajouter à la liste de services essentiels, en particulier les travaux agricoles, qui bénéficiaient déjà théoriquement du droit d'opérer depuis le début du confinement national en Inde, en vigueur depuis le 25 mars et en place au moins jusqu'au 3 mai pour lutter contre la pandémie de coronavirus.
Des ouvriers dans plusieurs États indiens ont repris le travail lundi, mais les usines étaient loin de leurs capacités habituelles de production. Une grande partie du personnel manquait à l'appel et les chaînes d'approvisionnement étaient toujours fortement perturbées.
"Sans matières premières, moyens de transport et main-d'oeuvre, je ne suis pas en mesure de fonctionner", a déclaré Ritesh Srivastava, un fabriquant de médicaments homéopathiques de la ville de Lucknow (nord).
De nombreux travailleurs migrants ont regagné leur région d'origine au moment de l'entrée en vigueur du confinement et ne peuvent plus rejoindre leur lieu de travail. Les frontières entre États sont fermées, les transports publics à l'arrêt à travers toute l'Inde.
Un haut responsable des chemins de fer à Calcutta (est) a indiqué qu'un tiers des salariés avait été appelé à reprendre le travail mais "le taux de présence est terriblement mauvais car la plupart des employés ne sont pas venus en raison de l'absence de moyens de transports".
Dans l'État du Gujarat (ouest), des petites usines ont rapporté avoir du mal à satisfaire aux règles sanitaires strictes définies par le gouvernement pour pouvoir relancer l'activité. Certaines ont également confié leur peur de poursuites judiciaires en cas de contamination d'un employé au Covid-19.
Cet assouplissement des règles est censé atténuer l'impact économique dévastateur du confinement, qui a privé des centaines de millions d'Indiens de leur gagne-pain. Certains États et territoires indiens, dont la capitale New Delhi, ont choisi de ne pas autoriser cette reprise partielle du travail en raison de la hausse de cas de Covid-19.
L'Inde a recensé à ce jour 559 morts sur 17.656 cas confirmés de coronavirus, selon le dernier décompte officiel lundi matin. Ces chiffres sont vraisemblablement partiels en raison de la faiblesse du dépistage.


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