Pandémie

Coronavirus : explosion de morts aux États-Unis et au Royaume-Uni

Les chiffres donnent « un peu d’espoir » en Allemagne, affirme Merkel.

Le pâtissier palestinien Eyad Abou Rezqa lutte à sa manière contre la pandémie de Covid-19 avec son « gâteau corona » qui suscite des sourires mais promeut surtout le port du masque face au risque de la progression du nouveau coronavirus à Gaza. Mohammed Abed/AFP

Le nombre de décès dus à la maladie Covid-19 explose aux États-Unis, où près de 1 200 personnes sont mortes ces dernières 24 heures, du jamais-vu dans un seul pays, et au Royaume-Uni où l’épidémie s’accélère avec une hausse de 20 % des décès quotidiens.

La pandémie de nouveau coronavirus a tué plus de 40 000 personnes en Europe, dont plus des trois quarts en Italie, en Espagne et en France. Avec un total de 40 768 morts (pour 574 525 cas), l’Europe est le continent le plus durement touché par la pandémie de Covid-19. Avec respectivement 14 681 et 10 935 décès, l’Italie et l’Espagne sont les pays du monde les plus atteints. La France dénombre plus de 6 500 morts sur son sol, dont 5 091 à l’hôpital et au moins 1 416 dans les maisons de retraite et autres établissements médicaux sociaux, et 588 décès supplémentaires ont été enregistrés en milieu hospitalier au cours des dernières 24 heures.

En Espagne, pays le plus endeuillé au monde derrière l’Italie, le nombre de morts en 24 heures a, vendredi comme la veille, dépassé les 900. Mais le rythme de hausse des décès, hospitalisations et cas continue de ralentir, assurent les autorités espagnoles.

En Allemagne, les mesures de restriction commencent à ralentir la propagation du virus, assurent les autorités sanitaires qui insistent sur la nécessité de les « maintenir ». Angela Merkel a estimé hier que le ralentissement de la propagation observé actuellement en Allemagne apportait un « peu d’espoir », tout en jugeant prématuré un quelconque assouplissement des restrictions.

Hôpital de campagne

Le Royaume-Uni, dont le gouvernement a été critiqué pour sa gestion de la crise, a enregistré hier un record de 684 décès en 24 heures et compte désormais plus de 3 600 morts. Un immense hôpital de campagne a ouvert vendredi à Londres pour absorber la déferlante de malades s’abattant sur le système de santé.

Mais les États-Unis sont en passe de devenir le nouvel épicentre de la pandémie.

En 24 heures, 1 169 morts ont été enregistrées : une hausse énorme d’un tiers par rapport au comptage de la veille (884) et le bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays. Le virus y a déjà tué au total 6 000 personnes et devrait y faire entre 100 000 et 240 000 morts, selon la Maison-Blanche.

Peur de la maladie, confinement, perte d’emploi ont des conséquences psychologiques dans le pays, où les professionnels de la santé mentale et les lignes téléphoniques de prévention des suicides sont très sollicités.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé un confinement obligatoire pour les personnes âgées de moins de 20 ans à partir de minuit vendredi, durcissant les mesures pour enrayer l’épidémie de nouveau coronavirus qui s’accélère en Turquie. Les véhicules n’auront par ailleurs plus le droit d’entrer ou sortir dans 31 villes, dont Istanbul et Ankara, pendant 15 jours, a annoncé M. Erdogan. Les plus de 65 ans et les malades chroniques faisaient déjà l’objet d’un confinement obligatoire.

La moitié de l’humanité est désormais soumise à des mesures de confinement, parfois très strictes, avec des conséquences économiques et sociales catastrophiques. Selon le dernier comptage de l’AFP, plus d’un million de personnes dans le monde ont été testées positives au nouveau coronavirus, une fraction du nombre réel de malades, un grand nombre de pays ne testant que les cas graves.

Recueillement national

Les bilans continuent aussi de s’alourdir en Italie (plus de 14 000 morts) et en France (plus de 6 500). En Italie, le plus grand crématorium de Milan, débordé, a fermé ses portes, et des corps ont été emmenés de Bergame, ville la plus touchée, vers d’autres régions pour être incinérés.

Italie, Espagne, États-Unis et France comptent chacun bien plus de morts que la Chine continentale (3 322), pays le plus peuplé du monde où est apparue l’épidémie en décembre, suscitant de forts soupçons sur l’authenticité des chiffres communiqués par Pékin, accusé par un rapport du renseignement américain d’avoir menti en les sous-évaluant largement.

La Chine observera aujourd’hui à 2h00 GMT un recueillement national de trois minutes à la mémoire des personnes décédées du nouveau coronavirus, la majorité dans la localité de Wuhan, berceau de l’épidémie. La quarantaine drastique a commencé à y être levée : la circulation reprend et les magasins rouvrent, mais la population reste sur le qui-vive.

Résurgence du virus à Singapour

De son côté, Singapour, qui avait réussi à contenir l’épidémie de coronavirus en traçant les cas, doit se résoudre à fermer écoles et entreprises et à demander aux habitants de rester chez eux, a annoncé hier Lee Hsien Loong, le Premier ministre de la ville-État confrontée à une résurgence des cas d’infection. « En observant la tendance, je crains qu’à moins de prendre des mesures supplémentaires, la situation ne se détériore et que d’autres foyers d’infection ne puissent faire basculer les choses », a déclaré le Premier ministre du pays d’Asie du Sud-Est au cours d’un discours télévisé. Singapour, l’un des premiers pays touchés par le coronavirus après la Chine, a maintenu l’épidémie sous contrôle en effectuant un grand nombre de tests et en retraçant méthodiquement tous les contacts des personnes infectées et en les isolant. Les autorités ont renforcé progressivement les restrictions, notamment en fermant les bars et les boîtes de nuit, sans imposer de confinement strict jusqu’ici. Mais devant une hausse des cas d’infection ces derniers jours, le Premier ministre a dit vouloir « court-circuiter » la propagation du virus.

L’inquiétude est grande par ailleurs dans les camps de réfugiés ou de déplacés, en Afrique, encore relativement épargnée, mais aussi en Europe. Dans la « jungle » de Moria sur l’île grecque de Lesbos, des milliers de réfugiés se bousculent sans précaution devant toilettes et douches. « À quoi ça sert de porter un masque alors que j’utilise les mêmes toilettes que 100 autres personnes ? » se désole Hasmad de Kaboul. Le savon ne fera pas non plus de miracle si le coronavirus atteint les quelque 2 millions de déplacés de la région du lac Tchad, et l’épidémie sera catastrophique, avertissent humanitaires et autorités locales.

« Le pire est à venir » dans les pays en conflit, a d’ailleurs averti hier le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, répétant son appel à des cessez-le-feu à travers le monde pour aider à endiguer la pandémie. Dans ce contexte, Donald Trump et Emmanuel Macron ont exprimé hier leur volonté d’organiser une réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU pour accroître la coopération face au coronavirus, alors que cette instance est complètement bloquée (voir par ailleurs).

Économie ou santé

En Afrique – où le président du Niger Mahamadou Issoufou a réclamé « un plan Marshall » pour le continent – et dans d’autres pays du monde dépendant des importations pour leur nourriture et des exportations pour les payer, des centaines de millions de personnes sont menacées de pénuries alimentaires, a prévenu hier l’ONU.

À travers le monde, économies et travailleurs sont les victimes collatérales du virus. L’activité du secteur privé dans la zone euro a chuté en mars à son plus bas niveau historique, selon le cabinet d’information économique Markit. Le chômage explose. L’Espagne a enregistré en mars plus de 300 000 nouveaux demandeurs d’emploi. L’agriculture et la pêche souffrent de la baisse de la demande et de l’absence de travailleurs saisonniers bloqués par la fermeture des frontières.

Aux États-Unis, 6,6 millions de personnes supplémentaires ont demandé une allocation chômage lors de la semaine écoulée, le double du chiffre déjà record de la semaine précédente. Et le taux de chômage est monté en mars à 4,4 %, niveau record en plus de 10 ans.

Le gouvernement italien, sous pression pour lever les mesures de confinement et relancer l’économie, est face au choix « horrible » de « mettre l’économie en stand-by ou mettre en danger la vie de nombreuses personnes », selon l’Américain Paul Romer, Prix Nobel 2018 d’économie.

Malgré les interrogations actuelles sur la solidarité entre les 27, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, après avoir regretté que l’Europe ne se soit pas plus tôt mobilisée en faveur de l’Italie, s’est dite convaincue que l’UE sortirait « plus forte » de la crise sanitaire.

Source : AFP


Le nombre de décès dus à la maladie Covid-19 explose aux États-Unis, où près de 1 200 personnes sont mortes ces dernières 24 heures, du jamais-vu dans un seul pays, et au Royaume-Uni où l’épidémie s’accélère avec une hausse de 20 % des décès quotidiens.

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