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Hommage au père Alex Bassili s.j.

Père Alex, révérend et révéré

La résidence des pères jésuites de la rue Monnot a tremblé subitement sous les pieds de ses locataires. Est-il possible qu’un vulgaire virus ait pu entrer par effraction dans la maison des serviteurs de Dieu ? Quel sacrilège de souiller un sanctuaire qui abrite depuis des décennies les monuments de la vie culturelle et cléricale du Liban !

Tout de suite, nous, ses camarades de Jamhour, avons craint pour lui. Et la nouvelle est tombée : le monstre a attaqué le père Alex Bassili, le sachant fragile, bon, discret, humble, fidèle, serviable. Ne pouvant ni l’approcher ni lui parler, c’est le père Salim Daccache qui me tenait au courant de sa santé : il tient bon. Il est stable. Il va mieux. Il va bien... Il a chaviré.

Instantanément, surgissent dans ma tête les souvenirs de notre école et toute l’amitié qui me liait à ce camarade peu loquace car toujours à l’écoute de tous et que tous respectaient. Et défilent les moments épiques passés avec lui au sein de nos activités caritatives au collège et l’après-collège, agrémentées d’après-midis récréatifs et d’évènements ludiques pour alimenter la caisse de notre association d’entraide, en salle d’académie à Jamhour ou dans ce fameux théâtre de l’USJ aux allures de Comédie- Française.

Il était toujours là, œuvrant sans bruit, avec tant de zèle et d’humilité. Plus tard, c’est la séparation due au chapelet d’épreuves qu’a traversées le pays. Plus tard, dans les auditoriums de la vie artistique du Liban, en robe ecclésiastique qui sied parfaitement à sa personnalité, il ne manquait aucun de mes spectacles. Ses rires étaient aussi feutrés qu’était retenue sa silhouette. Malgré cette attachante discrétion qui le caractérisait, il devenait soudain disert pour déverser sur toute personne qu’il rencontrait de dithyrambiques éloges sur mes prestations théâtrales. On me le rapportait. Et moi je le savais. Ce sont ses yeux timides qui me le confirmaient à chacune de nos rencontres. Je m’en veux de n’avoir pas bousculé sa sereine quiétude pour le voir plus souvent. Aujourd’hui, il repose en paix auprès de Celui pour qui il a consacré toute sa vie.



La résidence des pères jésuites de la rue Monnot a tremblé subitement sous les pieds de ses locataires. Est-il possible qu’un vulgaire virus ait pu entrer par effraction dans la maison des serviteurs de Dieu ? Quel sacrilège de souiller un sanctuaire qui abrite depuis des décennies les monuments de la vie culturelle et cléricale du Liban !

Tout de suite, nous, ses camarades de...