Pandémie

Coronavirus : plus de 40 000 morts dans le monde

Le virus a tué plus de personnes aux États-Unis que le bilan officiel chinois; Wuhan enterre ses morts.

Le USNS Comfort, un navire hôpital, est arrivé lundi à New York pour prêter main-forte aux services hospitaliers de la ville. Angela Weiss/AFP

La pandémie de coronavirus continue ses ravages sur une planète pourtant largement confinée : l’Espagne a battu hier son triste record de décès journalier, pendant que les habitants de Wuhan, berceau du coronavirus, sortaient enfin de chez eux pour enterrer leurs morts. Le bilan mondial de l’épidémie s’est encore alourdi hier, avec plus de 40 000 morts à travers la planète. Aux États-Unis, le comptage de l’Université Johns Hopkins, qui fait référence, a révélé que 3 451 malades avaient péri, soit un chiffre supérieur au bilan officiel en Chine (3 305). Mais de nombreux experts, se basant notamment sur le nombre élevé d’urnes funéraires que les familles ont commencé à récupérer en Chine, estiment ce nombre largement sous-estimé.

Depuis le début de la pandémie, 803 645 cas ont été officiellement déclarés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe (440 928), 172 071 aux États-Unis et au Canada, et 108 421 en Asie (3 882 décès).

Deuxième pays le plus endeuillé au monde avec 8 189 décès, l’Espagne a interdit les cérémonies funéraires, limitant à trois le nombre de participants à un enterrement. La grande crainte des autorités espagnoles reste de voir submergées les unités de soins intensifs qui travaillent déjà à la limite de leurs capacités avec un personnel qui se plaint amèrement du manque d’équipements de protection.

En Chine, à Wuhan, où le confinement est progressivement levé, les premiers pas en plein air des habitants sont consacrés à déposer sur les tombes de pierre les urnes contenant les cendres de leurs proches. Dans cette ville de 11 millions d’habitants, plus de 2 500 personnes sont officiellement mortes du Covid-19, mais nombre d’experts pensent que le chiffre est beaucoup plus élevé.

Ailleurs, on guette fébrilement le pic du taux de mortalité, annonciateur d’un reflux et d’un désengorgement des services de réanimation. En Italie, pays qui enregistre le plus grand nombre de décès (plus de 12 400 morts, dont 837 décès encore enregistrés dans les dernières 24 heures), le confinement commence à produire des résultats encourageants, après trois semaines. « Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion », a déclaré le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri. Près de 500 patients sont morts du coronavirus dans les hôpitaux français ces 24 dernières heures, soit une nouvelle hausse record en nombre depuis le début de l’épidémie, qui porte le bilan total à 3 523 morts, a annoncé hier le directeur général de la Santé Jérôme Salomon. Le nombre total de personnes hospitalisées est désormais proche de 22 800, soit une hausse de 1 749 depuis lundi. Parmi elles, un nouveau très fort afflux de cas lourds en réanimation (+457) où sont admis à ce jour 5 564 patients. Le président Emmanuel Macron a promis hier que la production de masques et de respirateurs allait rapidement monter en puissance en France. En visite dans une usine de production de masques à Saint-Barthélémy-d’Anjou, dans l’Ouest, le président français a promis que d’ici à la fin avril « plus de 10 millions » de masques seraient fabriqués par semaine en France, contre 3,3 millions avant l’apparition de la pandémie.

Quant à la Grèce, elle a fait part du premier cas officiel de contamination au Covid-19 chez une migrante africaine vivant dans le camp de Ritsona, près d’Athènes.

À New York, possible pénurie de respirateurs artificiels

Aux États-Unis, c’est la mobilisation générale : près des trois quarts des Américains vivent désormais confinés, d’une manière plus ou moins stricte. Des hôpitaux de campagne ont été érigés dans un centre de conférences et sous des tentes dans Central Park. Des médecins new-yorkais s’inquiètent d’une possible pénurie de respirateurs artificiels. « S’il y a un afflux et que vous n’avez qu’un nombre limité de respirateurs, vous ne pouvez pas ventiler tout le monde, redoute Shamit Patel, 46 ans. Et à partir de là, vous devez choisir. »

L’épidémie s’est aussi déclarée à bord du porte-avions américain USS Theodore Roosevelt, ancré dans l’île de Guam, poussant son commandant à demander, dans une lettre aux accents dramatiques, l’autorisation de débarquer et confiner tout son équipage. « Nous ne sommes pas en guerre. Il n’y a aucune raison que des marins meurent », a écrit le capitaine de vaisseau Brett Crozier.

Par ailleurs, l’ancien président américain Barack Obama a laissé entendre hier que son successeur Donald Trump avait « rejeté les avertissements » sur les risques d’une pandémie de coronavirus, et il l’a accusé de nier les effets du changement climatique.

Le G20 promet d’aider

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20, qui se sont réunis hier par visioconférence, ont promis d’aider les pays pauvres à supporter le fardeau de leur dette et d’assister les marchés émergents pour limiter l’impact de la pandémie sur leur économie.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prévenu que les mesures d’urgence prises par les États membres dans la lutte contre le coronavirus « doivent être limitées à ce qui est nécessaire » et être « strictement proportionnées », au lendemain d’un vote en Hongrie attribuant à Viktor Orban des pouvoirs supplémentaires.

En Russie, le porte-parole du Kremlin a indiqué que le président russe se faisait dépister régulièrement et que « tout est normal », après l’annonce que le médecin-chef du principal hôpital moscovite traitant les malades du coronavirus, qui avait rencontré Vladimir Poutine la semaine dernière, a été contaminé.

L’Indonésie a déclaré hier l’état d’urgence, mais pas de confinement généralisé, malgré les appels pressants dans ce pays qui compte la quatrième plus grande population au monde.

« Déjà quand on travaille, on a faim »

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,6 milliards de personnes, soit 46,5 % de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles.

Lagos, la capitale économique du Nigeria d’ordinaire bouillonnante, s’est réveillée hier avec des rues désertes et un silence assourdissant. Le confinement, un pari aussi ambitieux que risqué, semblait accepté dans une grande partie de la tentaculaire mégalopole de 20 millions d’habitants. La ville vit toujours sous le spectre d’Ebola, qui aurait pu être « une épidémie urbaine apocalyptique » en 2014 selon l’OMS, mais que les autorités ont réussi à limiter à 7 décès. Mais dans les zones les plus pauvres, la colère gronde déjà. « Vous savez, au Nigeria, déjà quand on travaille, on a faim, interpelle Samuel Agber, réparateur de climatisation. Alors imaginez si on ne travaille pas ! »

Source : AFP


La pandémie de coronavirus continue ses ravages sur une planète pourtant largement confinée : l’Espagne a battu hier son triste record de décès journalier, pendant que les habitants de Wuhan, berceau du coronavirus, sortaient enfin de chez eux pour enterrer leurs morts. Le bilan mondial de l’épidémie s’est encore alourdi hier, avec plus de 40 000 morts à travers la...

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