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Moyen-Orient - Crise

Face au coronavirus, des appels à la paix et à la coopération mondiale

Emmanuel Macron et Xi Jinping ont souhaité la tenue d’un sommet extraordinaire du G20.

Bogota était déserte hier. Raul Arboleda/AFP

Face à la pandémie du coronavirus, qui, malgré le confinement de plus de 1,7 milliard de personnes sur Terre, continue à se propager, les appels à la paix et à une coopération mondiale exceptionnelle se sont multipliés hier.

À New York, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a solennellement appelé à « un cessez-le-feu mondial et immédiat ». « L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies, a-t-il lancé au siège de l’institution internationale. Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes. » « La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie », a-t-il assuré, appelant à la création de « couloirs d’aide humanitaire qui sauveront des vies ». Après s’être consultés au téléphone, les présidents français Emmanuel Macron et chinois Xi Jinping ont souhaité, quant à eux, la tenue d’un sommet extraordinaire du G20 sur les aspects sanitaire et économique de la crise du coronavirus.

La pandémie « s’accélère »

« La tenue d’un tel sommet serait utile en particulier sur le plan sanitaire, en associant l’OMS pour travailler conjointement sur les traitements et le vaccin, et sur le plan économique », a indiqué la présidence française. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé, pour sa part, que la pandémie « s’accélère ». « Plus de 300 000 cas de Covid-19 ont été signalés à ce jour. C’est déchirant. La pandémie s’accélère », mais « nous pouvons changer (sa) trajectoire », a déclaré son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, appelant les pays à passer à l’ « attaque » en testant tous les cas et en plaçant en quarantaine leurs proches contacts.

Si l’usage plus ou moins intensif des tests varie grandement d’un pays à l’autre, en fonction des doctrines et surtout de la disponibilité en nombre suffisant des tests, l’imposition de mesures de plus en plus strictes de confinement se répand sur la planète, suivant l’exemple chinois qui semble avoir porté ses fruits.

Les autorités de plus de 50 pays ou territoires appelaient hier plus de 1,7 milliard de personnes (dont 700 millions en Inde) à rester cloîtrées chez elles. Elles risquent de fortes amendes ou même des peines de prison en cas de désobéissance.

À Rome, Carla Basagni, une artiste retraitée de 86 ans qui vit seule dans le quartier de Trastevere, s’est organisé une petite routine pour supporter son quotidien de recluse. « Comme je ne peux pas sortir, je fais des exercices de gymnastique chez moi. Je bois au moins cinq fois par jour : j’ai cinq verres d’eau alignés dans ma cuisine, comme ça je suis sûre de ne pas oublier ! » raconte-t-elle.

Son pays, le plus touché au monde avec 5 476 décès et près de 60 000 cas avérés, s’accroche au mince espoir que la baisse du nombre de morts sur une journée enregistrée la veille et confirmée hier amorce un ralentissement de la pandémie.

« Remède pire que le problème » ?

Alors qu’aux États-Unis, le maire de New York Bill de Blasio appelait à généraliser à l’ensemble du pays les mesures de confinement coercitives adoptées dans les États les plus touchés, le président Trump a une nouvelle fois fait entendre sa différence, exprimant des doutes sur les restrictions mises en place face au coronavirus et déplorant leur impact sur l’économie. « Nous ne pouvons laisser le remède être pire que le problème lui-même », a-t-il tweeté, laissant entendre qu’il était plutôt favorable à un assouplissement de ces mesures. Sur l’épineux dossier des Jeux olympiques d’été, prévus en juillet au Japon, la pression s’est accrue hier en faveur d’un report. Le président de la puissante Fédération internationale d’athlétisme a estimé que les maintenir n’est « ni faisable ni souhaitable ». De son côté, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a pour la première fois reconnu qu’un report « pourrait devenir inévitable ».

Un à un, les États semblent se rendre à l’évidence : cette crise sanitaire inédite sera longue, d’autant qu’un vaccin, à en croire les grands groupes pharmaceutiques, ne sera pas disponible avant 12 à 18 mois. L’épidémie flambe en Espagne, qui a franchi hier la barre des 2 000 morts (+462 en 24 heures). Le nombre de morts a été multiplié par plus de deux en trois jours dans le deuxième pays le plus touché d’Europe par le Covid-19, après l’Italie. Hier soir, le Premier ministre britannique Boris Johnson a décrété un confinement de la population du Royaume-Uni pour au moins trois semaines.

Traitements expérimentaux

Et il n’existe actuellement aucun vaccin ou traitement agréé contre le virus, qui a tué à ce jour plus de 15 000 personnes et en a contaminé plus de 324 000 dans le monde, selon un décompte de l’AFP qui ne recense que les cas officiellement déclarés.

Mais les initiatives pour trouver un remède s’accélèrent. Un essai clinique européen, baptisé Discovery, a ainsi été lancé dimanche dans au moins sept pays du Vieux Continent pour tester quatre traitements expérimentaux contre le coronavirus.

Parmi eux, la chloroquine. Un antipaludéen qui pourra désormais être administré aux malades souffrant de « formes graves » du coronavirus, mais ne doit pas être utilisé pour des formes « moins sévères », a statué lundi le Haut Conseil de la santé publique, selon Olivier Véran.

Au Canada, des chercheurs ont lancé hier une étude visant à tester les effets d’un anti-inflammatoire, la colchicine, sur les risques de complications pulmonaires et de décès liés au Covid-19. Aux États-Unis, malgré une montée en puissance des cas – 416 morts et plus de 33 000 contaminations –, l’union sacrée n’a pas prévalu au Sénat, où démocrates et républicains ont échoué à s’entendre sur un plan de relance visant à mobiliser jusqu’à près de 2 000 milliards de dollars en soutien à l’économie. En conséquence, les marchés boursiers et les cours du pétrole ont continué à plonger hier.

Le FMI a prévenu que le coronavirus pourrait plonger le monde dans une récession pire que pendant la crise financière de 2008. « L’impact économique est et sera grave, mais plus le virus est arrêté rapidement, plus la reprise sera rapide et forte » en 2021, a estimé sa directrice générale, Kristalina Georgieva.

Source : AFP

Face à la pandémie du coronavirus, qui, malgré le confinement de plus de 1,7 milliard de personnes sur Terre, continue à se propager, les appels à la paix et à une coopération mondiale exceptionnelle se sont multipliés hier.À New York, le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a solennellement appelé à « un cessez-le-feu mondial et immédiat ». « L’heure est venue de laisser les conflits armés derrière nous pour concentrer nos efforts sur le véritable combat de nos vies, a-t-il lancé au siège de l’institution internationale. Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes. » « La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie », a-t-il assuré, appelant à la création de « couloirs d’aide...
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