L’affolement généralisé induit par l’épidémie de coronavirus dans notre pays, et dans tant d’autres aussi, révèle la fragilité de nos défenses – pas seulement immunitaires – vis-à-vis d’un virus, n’importe lequel, et surtout les très mauvaises adaptations de notre société devant des crises sanitaires majeures.
En effet, un agent exogène, d’à peine une centaine de nanomètres de diamètre, est en train de changer la face du monde et peut-être d’altérer les relations entre les pays, tant il sème émoi et frayeur. On n’est plus au temps de la guerre froide, mais on est loin de l’ère de la fraternité entre les nations. Ainsi, depuis le début de la crise, on accuse la Chine, surtout si on ne voue pas une grande estime au miracle chinois, l’Iran, d’autant plus qu’on est sunnite, et récemment l’Europe en entier, d’autant plus qu’on est américain !
Par ailleurs, on se rue sur les denrées alimentaires, alors que rien ne suppose une pénurie.
Très étrangement, le papier toilette est la cible privilégiée de nos achats. Alors que là aussi, rien ne dit qu’il vienne véritablement à manquer. Peut-être parce que dans un contexte d’asepsie, il nous rappellerait notre propre hygiène ?
Ainsi, c’est le retour des peurs ancestrales et on annonce même la fin du monde ! Ce qui montre que notre société, malgré tous ses progrès, a peur, très peur, et se voit vite désespérée.
De plus, deux grands principes d’éthique médicale sont vite mis en tension.
L’épidémie nous mènera inéluctablement au triage des malades. On privilégiera les plus vulnérables au virus. Mais qui sont les plus vulnérables ? Les personnes âgées, les personnes immunodéprimées, ayant des maladies chroniques, les prisonniers, les personnes handicapées... bref un nombre considérable de personnes.
On sursoit ainsi au premier et au plus important des principes d’éthique en médecine, l’égalité d’accès aux soins, de tous, de tous les êtres vivants. D’autant plus que chacun de nous peut se dire un jour qu’il est fragile ou fragilisé quelque part.
Un autre principe intangible, celui de la bienfaisance, nous oblige à traiter tous les êtres vivants avec les meilleurs soins possibles qui doivent leur être prodigués.
Outre ces deux sacro-saints principes, on voit émerger aussi la peur des soignants eux-mêmes.
Les professionnels de la santé doivent être et rester au front de la maladie. Sinon ils se dérobent à leurs responsabilités. Il est étrange que lorsqu’on annonce l’ouverture d’un service de soins pour les patients atteints dans un hôpital, tout le monde, soignants compris, manifeste une peur exacerbée. N’est-ce pas l’hôpital le lieu le plus adéquat pour traiter des malades ?
De plus, étrangement, on voit dans notre pays des politiciens louer les médecins et les infirmiers car ils traitent les personnes infectées. Supposons un instant que les soignants se désistent de leur tâche au profit de leur propre sécurité. À quoi servirait dès lors d’être un soignant ?
Que dire aussi de la dissolution du lien social ? Si nous continuons ainsi, quel avenir attend une humanité qui ne se salue plus, maintient une distance de sécurité entre les hommes, met un masque sur les visages et s’évertue à s’éviter ? La paranoïa devient le vrai virus qui aura toutes les chances de se développer tout seul...
Les personnes âgées qui ont le plus besoin d’attention et de proximité sont mises en quarantaine dans leurs maisons ou les maisons de repos. On les évite, on ne les visite plus, elles qui ont le plus besoin de notre présence auprès d’elles !
Le coronavirus nous montre ainsi les limites du modèle de notre société et sa propension à devenir très peu solidaire envers les autres quand il s’agit de la propre sécurité de la personne.
Phobies, paranoïa, obsessions, dépression, angoisse, tous les ingrédients d’un mal-être psychique se développent parallèlement à la propagation de la pandémie.
Peut-on ne pas évoquer dès lors le million de morts tous les ans par suicide, dont on parle si peu, alors qu’on aurait pu les éviter si facilement si on était juste à l’écoute de la souffrance humaine ?
Enfin, faut-il rappeler que l’angoisse vient d’une structure dans notre cerveau qui s’appelle l’amygdale ? Le coronavirus nous démontre que cette structure peut s’emballer à tout instant et commencer à générer angoisse et panique. Mais c’était oublier une réalité scientifique sûre et amère : l’angoisse diminue véritablement le système immunitaire de l’homme, et à ce moment-là, le Covid-19 sera cent fois plus mortel qu’il ne l’est véritablement.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
À Verdun, un « sommet spirituel » pour préserver l’unité nationale... et donner un coup de pouce au pouvoir