Un soldat afghan surveillant une rue de Kaboul, près du lieu d'une attaque visant un rassemblement politique, le 6 mars 2020. Photo REUTERS/Omar Sobhani
Au moins 18 personnes ont été blessées dans un attaque contre un rassemblement politique dans l'ouest de Kaboul, a-t-on appris auprès du ministère afghan de l'Intérieur, la première attaque dans la capitale depuis l'accord conclu entre les talibans et les Etats-Unis.
"Jusqu'ici, 18 personnes ont été blessées et transportées par la police dans des hôpitaux", a déclaré Nasrat Rahimi, le porte-parole de ce ministère, sur un groupe de l'application WhatsApp. "Mais ce n'est pas le bilan final", a-t-il ajouté. Des photos sur les réseaux sociaux semblaient montrer au moins deux cadavres.
Les talibans ont nié toute responsabilité dans cette attaque contre une cérémonie commémorant la mort d'Abdul Ali Mazari, un politicien de la minorité hazara, dont les membres sont très majoritairement chiites, dans un Afghanistan sinon largement sunnite.
L'année dernière, une attentat au mortier revendiquée par le groupe État islamique lors de cette même cérémonie avait tué au moins 11 personnes.
Les coups de feu ont cette fois-ci été tirés depuis un chantier proche de l'évènement, a déclaré Nasrat Rahimi, ajoutant que les forces spéciales afghanes et les forces de police étaient arrivées "rapidement" sur place. De nombreux membres de l'élite politique afghane étaient présents, dont le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah, qui dit avoir remporté la présidentielle de septembre même si les résultats officiels le donnent perdant.
"Nous étions au milieu de la cérémonie (...) quand soudainement des coups de feu ont retenti", a raconté Mohammad Mohaqiq, le plus connu des hommes politiques hazaras et un proche d'Abdullah Abdullah. "Nous avons quitté (les lieux) après les coups de feu, et il avait des blessés, mais je ne sais pas s'il y a eu des morts", a-t-il poursuivi, interrogé par Tolonews, la principale télévision d'Afghanistan. L'ancien président Hamid Karzaï et l'ex-Premier ministre Salahuddin Rabbani, également présents, avaient quitté l'évènement un peu plus tôt, a-t-il ajouté.
"Tous les responsables de haut niveau ont été évacués des lieux en toute sécurité", a commenté Nasrat Rahimi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur.
Cet incident survient moins d'une semaine après la signature d'un accord samedi dernier à Doha entre les États-Unis et les talibans, qui ouvre la voie à un retrait complet des troupes étrangères d'Afghanistan sous 14 mois en échange de garanties des insurgés. Une trêve partielle instaurée à la demande de Washington le 22 février a toutefois été levée lundi par les talibans, qui ont depuis lors multiplié les attaques contre les forces de sécurité afghanes, soulignant la difficulté d'un dialogue entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul, autre condition de l'accord de Doha.
Le groupe Etat islamique, présent en Afghanistan depuis 2015, a multiplié les attaques contre la communauté chiite dans le pays.


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