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Syrie: un émissaire américain appelle les Européens à soutenir davantage la Turquie

Le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie James Jeffrey. Photo REUTERS/Mehmet Emin Caliskan

Un haut responsable américain a appelé jeudi les Européens à soutenir davantage Ankara en Syrie, où plus de 50 soldats turcs ont été tués en février par les forces du régime syrien qui tente, avec l'appui de Moscou, de reprendre le dernier bastion rebelle d'Idleb.

"Il y a diverses démarches diplomatiques que nous avons entreprises ou pourrions entreprendre, y compris mobiliser les Européens", pour venir en aide à la Turquie, a déclaré le représentant spécial des Etats-Unis pour la Syrie James Jeffrey lors d'une conférence à Istanbul consacrée à la situation dans la province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie.

"L'un des principes partagés par le président (Donald Trump) et le Congrès américain est celui de la nécessité d'un effort collectif, non seulement de la part de la Turquie et des Etats-Unis, mais aussi nos alliés de l'Otan, essentiellement les Européens", a-t-il ajouté. "Nous sommes en train de pousser les Européens a contribuer d'une manière significative. Je cite comme exemple la batterie de Patriot (système de défense anti-aérienne) espagnole déployée en ce moment en Turquie sur la base d'Incirlik. Nous voulons voir d'autres actions similaires de la part de l'Otan", a poursuivi l'émissaire américain.

Le régime syrien, appuyé par Moscou, mène depuis décembre une offensive pour reprendre la province d'Idleb, ultime bastion de rebelles pro-Ankara et de jihadistes dans le pays ravagé par une guerre civile depuis 2011.

La Turquie a lancé une offensive d'envergure contre les forces du régime syrien à Idleb après la mort le 27 février de plus de 30 soldats turcs dans des bombardements aériens attribués au régime de Bachar el-Assad. Cette escalade a fait voler en éclats un accord conclu à Sotchi en 2018 entre Ankara et Moscou pour faire cesser les combats à Idleb et y instaurer une zone démilitarisée.

La Turquie, qui soutient des groupes rebelles, et la Russie, protectrice du régime de Bachar el-Assad, collaborent étroitement depuis 2016 pour parvenir à un règlement en Syrie en dépit de leurs intérêts divergents. Mais le ton est monté ces dernières semaines entre les deux capitales qui s'accusent mutuellement de violer l'accord de Sotchi, faisant craindre une confrontation directe entre forces turques et russes à Idleb.

A l'issue d'une réunion à Bruxelles le 28 février, l'Otan, dont la Turquie est membre, a offert sa solidarité et son soutien à Ankara après la mort de ses soldats en Syrie, mais n'a pris aucun nouvel engagement concret pour aider la Turquie.

S-400, un "problème"

M. Jeffrey a en outre affirmé que l'acquisition par la Turquie du système de défense anti-aérienne russe S-400, inacceptable aux yeux de Washington en raison de son incompatibilité avec les dispositifs de l'Otan, constituait un obstacle à l'envoi d'une aide militaire américaine à Ankara, qui a notamment réclamé des Patriot.

"Nous examinons les moyens de trouver une solution, mais pour le moment cela pose un problème. Mais indépendamment de cette question, nous allons voir ce que nous pourrons faire", a-t-il dit. M. Jeffrey a enfin estimé que la Turquie et la Russie ne se dirigeaient pas vers une confrontation directe à Idleb, tout en ajoutant en guise de mise en garde que la "Syrie est l'endroit où même les meilleures intentions sont contrariées par la réalité".


Un haut responsable américain a appelé jeudi les Européens à soutenir davantage Ankara en Syrie, où plus de 50 soldats turcs ont été tués en février par les forces du régime syrien qui tente, avec l'appui de Moscou, de reprendre le dernier bastion rebelle d'Idleb.

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