Le chef des Forces libanaises (FL) Samir Geagea s’est réjoui hier via son compte Twitter de la mise en place prochaine d’un mécanisme présenté la veille par le ministre de l’Industrie, Imad Hobballah, permettant de débloquer 100 millions de dollars de liquidités pour permettre aux industriels de financer leurs importations de matières premières. Un propos qui peut étonner, compte tenu du fait que le leader chrétien fait partie de l’opposition et a multiplié les critiques à l’encontre du gouvernement Hassane Diab formé le 21 janvier dernier.
Le mécanisme auquel Samir Geagea fait référence doit encore être finalisé. Il vise à laisser les industriels utiliser une partie de leurs dépôts en dollars mis en banque au Liban avant le 17 novembre 2019 et dont l’utilisation a été restreinte dans le cadre des mesures informelles de contrôle des capitaux adoptées par l’Association des banques en marge de la crise économique et financière que traverse le pays.
Il ne s’agit donc ni plus ni moins que de rendre la capacité aux industriels d’utiliser une portion de « leurs propres fonds » pour payer leurs fournisseurs étrangers, pour reprendre les termes du tweet de Samir Geagea, qui estime en outre que la mesure permettra de « créer des opportunités d’emploi ». Les industriels, qui peuvent comme les autres clients des banques du pays utiliser presque librement les apports en dollars « frais » déposés après le 17 novembre 2019, espèrent néanmoins que le gouvernement et la BDL ne s’arrêteront pas là et estiment avoir besoin de 3 milliards de dollars par an pour financer leurs importations de matières premières.
Le chef des FL a enfin déclaré qu’en exportant, le secteur industriel était à même de « corriger l’énorme déficit de la balance des paiements du Liban (flux de biens, de services et de capitaux entre le pays et le reste du monde) ». Le déficit cumulé de la balance des paiements s’est élevé à 4,4 milliards de dollars à fin septembre 2019, selon les derniers chiffres publiés par la BDL.
L’industrie, qui rassemble 5 500 entreprises, selon l’Association des industriels, pèse en moyenne environ 10 % du PIB libanais.


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