Le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salamé, le 15 novembre 2018 à la Conférence économique de Beyrouth. Photo d'archives REUTERS/Mohamed Azakir
Le gouverneur de la Banque centrale du Liban, Riad Salamé, a affirmé lundi à l'issue d'une réunion sur la crise financière au Sérail, qu'il n'était "pas question de toucher aux réserves d'or" du pays.
"Il n'est pas question de toucher aux réserves d'or" du Liban, a déclaré M. Salamé à l'issue d'une réunion ayant rassemblé le Premier ministre, Hassane Diab, les membres de l'Association des banques du Liban et les ministres des Finances, Ghazi Wazni, de l'Industrie, Imad Hoballah, de l'Economie, Raoul Nehmé, et des Travaux publics, Michel Najjar.
Le gouverneur de la BDL a encore souligné qu'il ne lui revenait pas de prendre une décision concernant le remboursement des prochaines échéances d’eurobonds, dont une première de 1,2 milliard de dollars le 9 mars, soulignant que cela relevait des prérogatives du gouvernement.
En tout, l’État libanais est censé rembourser un total de 2,7 milliards de dollars entre les échéances de mars, avril et juin. En ajoutant les intérêts sur les autres émissions arrivant à échéance lors des prochaines années, c'est 4,6 milliards que le pays doit payer en 2020, alors que ses réserves en devises n’ont cessé de fondre depuis 2017. L’État a d’ailleurs réglé il y a quelques jours 71 millions de dollars d’intérêts sur des eurobonds arrivant à échéance en 2025 et 2030. La précarité de cette situation, sanctionnée par les trois principales agences de notation américaines à des degrés divers ainsi que par les marchés, a polarisé les opinions au sein des milieux économiques et politiques du pays. Si une partie d’entre eux appellent à négocier une restructuration de la dette (une baisse des intérêts et un rallongement de maturité, voire une réduction des montants empruntés) au plus vite avec les créanciers, d’autres jugent plus prudent de régler la somme de 1,2 milliard due en mars pour ensuite obtenir un rééchelonnement du reste (baisse des intérêts en repoussant les échéances).
A ce sujet, le Premier ministre a affirmé, plus tôt dans la journée, que le cabinet allait prendre une décision "charnière", à l'issue de discussions qui auront lieu dans les prochains jours.


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