Britanniques et Européens n’auront que dix mois pour s’entendre sur leur nouvelle relation. Photo AFP
Ferme dans son refus de s’aligner sur les règles européennes, prêt à abandonner le mandat d’arrêt européen et à claquer la porte si les négociations patinent, le Royaume-Uni a adopté une posture intransigeante hier avant le lancement des discussions avec l’UE sur leur relation future.
Un mois à peine après le Brexit, la publication du mandat de négociation britannique a confirmé la profondeur du fossé entre Londres et Bruxelles avant le coup d’envoi des négociations lundi.
Londres ayant catégoriquement exclu toute prolongation, Britanniques et Européens n’auront que dix mois pour s’entendre sur leur nouvelle relation, avant la fin, le 31 décembre, de la période de transition durant laquelle le Royaume-Uni continue d’appliquer les règles européennes. « Cela laisse suffisamment de temps, même s’il est limité, pour que le Royaume-Uni et l’UE parviennent à un accord », a estimé le gouvernement du conservateur Boris Johnson.
Faute d’avoir établi en juin « les grandes lignes » d’un accord, Londres menace de quitter les négociations, faisant surgir le spectre d’un « no deal » aux conséquences économiques potentiellement désastreuses des deux côtés de la Manche.
En matière de coopération judiciaire et de sécurité, le Royaume-Uni se dit prêt à abandonner le mandat d’arrêt européen, au profit d’accords d’extradition accélérés.
Bruxelles se prépare à un échec
« Nous voulons la meilleure relation commerciale possible avec l’UE », « mais nous ne négocierons pas notre souveraineté », a averti devant les députés Michael Gove, le numéro deux du gouvernement.
Répondant à l’avertissement de Londres, qui a fait baisser la livre face à l’euro, la Commission européenne a dit continuer à se préparer à un échec des discussions. Une porte-parole a toutefois précisé qu’il était « trop tôt pour préjuger de l’issue des négociations », que Bruxelles aborde « dans un esprit constructif ».
Une des pierres d’achoppement est l’exigence de Bruxelles que le Royaume-Uni continue de respecter certaines règles de l’UE sur le long terme, notamment en matière d’aides d’État, d’environnement, de droit du travail ou de fiscalité, en contrepartie d’une ouverture très large du marché européen, notamment sans droit de douanes pour les marchandises.
Londres refuse « que les institutions européennes, dont la Cour de justice, soient compétentes au Royaume-Uni », précise le texte, qui plaide pour une « coopération amicale » entre parties « souveraines et égales ». Les 27 veulent éviter une concurrence déloyale à leurs portes. Le gouvernement de Boris Johnson ne l’entend pas de cette oreille : le but du Brexit était justement d’assurer « l’indépendance économique et politique » du Royaume-Uni, même si cela implique d’avoir davantage de barrières commerciales. Le pays veut notamment avoir la main sur sa propre réglementation en matière d’aides d’État. Mais il s’est dit ouvert à « des engagements réciproques de ne pas affaiblir ou réduire le niveau de protection » en matière de droit du travail ou d’environnement.
Source : AFP

