Les Kataëb ont repris le nom de VDL. Photo ANI
Le litige autour de la propriété de la raison sociale la Voix du Liban (VDL) et du logo de la radio a été finalement tranché hier par le premier président de la Cour de cassation, Souheil Abboud, en faveur du parti Kataëb, reconnu comme unique dépositaire de la VDL.
Le litige remonte à près de dix ans, lorsqu’en décembre 2010, deux radios ont commencé à émettre sur des ondes différentes, mais sous le même nom : la première, Voix du Liban – Voix de la dignité et de la liberté, propriété du parti Kataëb, émettant à partir de ses locaux situés à Achrafieh sur la fréquence 100.5 FM. La seconde diffusant à partir de Dbayé sur la fréquence 93.3 FM. Elle est détenue par les héritiers de Simon el-Khazen.
C’est dans les années 1950 que les Kataëb avaient fondé la VDL dans des locaux qui leur appartiennent à Achrafieh. En 1993, avec le vote de la loi interdisant aux partis politiques de posséder des médias, la VDL a été placée sous la direction de Modern Media Company, majoritairement détenue par Simon el-Khazen, un proche du parti. Après son décès en 2010, et à la suite de la détérioration des relations avec ses héritiers, les Kataëb ont récupéré les locaux d’Achrafieh à partir desquels la radio a commencé à émettre sous la direction de la New Audio-Visual Media Company. Parallèlement, ils ont engagé des procédures pour reprendre la raison sociale de la VDL.
De son côté, la Modern Media Company a conservé les fréquences 93.3 et a diffusé sous ce nom depuis Dbayé, prétextant qu’elle détient la licence de VDL attribuée par l’État libanais.
Les Kataëb avaient gagné les trois procès en première instance, en appel et en cassation. Toutefois, la Modern Media Company avait introduit un procès contre l’État, les Kataëb, la société la Voix du Liban sal, la New Audio-Visual Media Company et la société Liban Star sal pour casser ces jugements. Entre-temps, l’ancien président du Conseil supérieur de la magistrature, Jean Fahd, avait suspendu l’exécution des trois jugements en question. Hier, le magistrat Souheil Abboud s’est prononcé en faveur de leur exécution, estimant que les motifs invoqués par la Modern Media Company manquent de sérieux. Cette dernière est tenue d’exécuter la décision du juge Abboud sans délai, au risque de verser à l’État libanais un million de livres libanaises par jour de retard.
Commentant le jugement, Nadim Gemayel, député Kataëb, a estimé sur son compte Twitter que « justice a été rendue » et que les « Kataëb resteront la Voix du Liban, la voix de la liberté et de la dignité ».


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15 h 35, le 19 février 2020