Une photo prise lors d’un tour guidé organisé par le régime pour des journalistes dans la ville de Maaret al-Naaman, hier. Louai Beshara/AFP
Dix civils ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans des raids russes sur un secteur abritant une clinique dans la région d’Idleb, où les forces du régime progressent en vue de reprendre le dernier grand bastion insurgé de Syrie, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
Moscou, allié du régime de Bachar el-Assad, a nié avoir effectué ces raids nocturnes, qui ont visé la localité d’Ariha dans la province d’Idleb (Nord-Ouest), le ministère de la Défense affirmant que « l’aviation russe n’avait mené aucune mission de combat dans cette région de la Syrie ».
Les murs de la clinique al-Chami ont été endommagés par les frappes et l’établissement est désormais hors service. Dans le même secteur, trois immeubles se sont effondrés. On entendait des gémissements de femmes et d’enfants, alors que les secouristes cherchent des corps ensevelis sous les décombres, selon un correspondant de l’AFP.
21 civils tués en 24 heures
Selon l’OSDH, au moins cinq femmes figurent parmi les victimes. Ce nouveau bilan porte à 21 le nombre de civils tués dans les bombardements aériens russes sur la région d’Idleb au cours des dernières 24 heures, d’après l’OSDH. Les forces gouvernementales ont reconquis mercredi la ville stratégique de Maaret al-Naaman, la deuxième plus grande de la province d’Idleb, et poursuivent leur progression pour récupérer la région, dominée par les jihadistes de Hay’at Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d’el-Qaëda). Cette région, composée d’une grande partie de la province d’Idleb et de secteurs attenants des provinces d’Alep, Hama et Lattaquié, abrite aussi d’autres groupuscules jihadistes et diverses factions de l’opposition armée affaiblies.
Les forces du régime avancent actuellement au nord de Maaret al-Naaman vers la localité de Saraqeb, quasi entièrement désertée ces derniers jours à la suite de violents bombardements. La localité d’Ariha se trouve entre Maaret al-Naaman et Saraqeb. Saraqeb est située sur l’autoroute M5, une voie stratégique qui connecte Damas à Alep, deuxième ville de Syrie et ancien poumon économique du pays, que les forces gouvernementales cherchent à récupérer alors que le régime tente de ressusciter une économie moribonde ravagée par près de neuf ans de guerre.
À cinq kilomètres de Saraqeb
Les combats avec les groupes jihadistes et rebelles de la région ont lieu à l’heure actuelle à moins de cinq kilomètres de Saraqeb, a indiqué
l’OSDH. L’importance stratégique de Saraqeb réside également dans le fait qu’elle se trouve à la jonction entre la M5 et une autre autoroute-clé (M4) reliant Alep à la ville côtière de Lattaquié. Le régime veut récupérer ces deux grandes routes commerciales. Quelque 50 kilomètres de la M5 sont toujours hors de portée du régime, selon l’OSDH.
Après des mois de bombardements et de combats, les forces du régime contrôlent désormais plus de 40 % de la province d’Idleb. Après avoir enchaîné les victoires contre les insurgés avec le soutien de l’aviation russe ces dernières années, le régime contrôle désormais plus de 70 % du territoire national.
Depuis décembre, plus de 388 000 personnes ont fui leurs foyers dans la région d’Idleb, selon l’ONU, dont 20 000 durant les deux derniers jours. Les combats « doivent cesser », a martelé mercredi au Conseil de sécurité de l’ONU le secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, mettant en garde contre l’aggravation d’une « catastrophe humanitaire ».
Source : AFP


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