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Économie - Brexit

Goodbye Europe : vendredi, le Royaume-Uni largue les amarres

Le Brexit aura lieu vendredi soir, après avoir été repoussé trois fois. Daniel Leal-Olivas/AFP

Le Royaume-Uni aborde une semaine historique pour devenir vendredi le premier pays à quitter l’Union européenne (UE), après trois ans et demi d’une séparation difficile. Après avoir été repoussé trois fois, le Brexit, qui a semé la division des foyers britanniques aux bancs du Parlement, aura lieu vendredi soir.

Entre le Royaume-Uni et les 27, tout reste à faire. La séparation, sans grand changement concret dans l’immédiat, marquera surtout le coup d’envoi des négociations pour déterminer les modalités de leur relation. Malgré les tentatives des eurosceptiques les plus fervents, la cloche de Big Ben, en travaux, restera muette. En revanche, une horloge lumineuse projetée sur Downing Street lancera le compte à rebours avant le grand saut. Une pièce de 50 pence (65 centimes de dollar américain, soit 975 livres libanaises au taux officiel) marquant l’événement entrera en circulation, au total à dix millions d’exemplaires.

Ardent partisan du Brexit, le Premier ministre Boris Johnson, qui se pose en rassembleur depuis sa victoire aux législatives, s’adressera à la nation dans la soirée. « Vendredi marque un moment important dans l’histoire de notre Royaume-Uni, a-t-il souligné dans une déclaration dimanche. Peu importe votre vote en 2016, il est temps de regarder avec confiance le pays précurseur que nous allons devenir dans la prochaine décennie et guérir les divisions du passé. »

La tâche n’est pas mince : les assemblées écossaise, galloise et nord-irlandaise ont rejeté sa loi sur la sortie de l’UE. Dans l’europhile Écosse, le Brexit a ravivé les velléités de référendum sur l’indépendance. Arrivé fin juillet à la tête du gouvernement, Boris Johnson a réussi là où sa prédécesseure Theresa May, quittant Downing Street les larmes aux yeux après trois rejets de son accord de Brexit au Parlement, a échoué. Après avoir renégocié le texte avec Bruxelles, incluant une nouvelle solution pour éviter le retour d’une frontière physique entre les deux Irlandes, l’ancien maire de Londres est finalement parvenu à faire adopter la loi qui mettra en œuvre le Brexit. Et ce grâce à la très large majorité, inédite pour les conservateurs depuis Margaret Thatcher, qu’il s’est assurée aux élections de décembre.

Aller-retour et signatures

Le texte, qui fait entrer dans la loi britannique l’accord de 535 pages conclu en octobre, a été promulgué par la reine Elizabeth II le 23 janvier, huit jours avant la date fatidique. Le Brexit permettra au pays de « reprendre le contrôle » de ses lois et de ses frontières, répète Boris Johnson. Reste une dernière formalité avant la fin de 47 ans d’un mariage tumultueux : la ratification mercredi par le Parlement européen du traité de Brexit, qui a fait l’aller-retour Bruxelles-Londres vendredi dernier pour être signé par les deux parties. Les diplomates des États membres de l’UE l’approuveront le lendemain par écrit, toute dernière étape de la procédure.

Mais la date du 31 janvier est surtout symbolique. L’accord de divorce prévoit une période de transition pour une sortie en douceur, jusqu’au 31 décembre. Pendant cette période, le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles de l’UE, mais n’aura plus voix au chapitre. La période de transition est surtout destinée à permettre à Londres et Bruxelles de s’entendre sur leur relation future, notamment en matière commerciale, négociations que Boris Johnson veut boucler en un temps record, en excluant toute prolongation au-delà de la fin de l’année. Les Européens jugent le calendrier très serré et estiment qu’il faudra établir des priorités. Ils sont aussi très vigilants sur les droits des 3,6 millions de ressortissants de l’UE qui vivent outre-Manche. Boris Johnson a clairement annoncé qu’il voulait avec l’UE un accord semblable à celui qui existe avec le Canada, sans alignement avec les règles communautaires.

Parallèlement, le Royaume-Uni veut négocier ses propres traités de libre-échange avec d’autres pays, en particulier avec les États-Unis de Donald Trump, qui fait miroiter un accord commercial « magnifique » à Londres. Les discussions s’annoncent néanmoins ardues, notamment car le Royaume-Uni a décidé de maintenir sa future taxe sur le numérique, malgré les menaces de représailles américaines. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo doit arriver à Londres le 29 janvier pour rencontrer Boris Johnson, afin de « discuter de la manière d’élargir et approfondir les liens commerciaux » après le Brexit et « réaffirmer la relation spéciale » entre les deux alliés.

Dans un tweet incluant drapeaux européen et britannique et un cœur, l’ex-président du Conseil européen Donald Tusk a écrit à l’adresse du Royaume-Uni : « Nous, Union européenne, nous vous aimons toujours. »

Source : AFP

Le Royaume-Uni aborde une semaine historique pour devenir vendredi le premier pays à quitter l’Union européenne (UE), après trois ans et demi d’une séparation difficile. Après avoir été repoussé trois fois, le Brexit, qui a semé la division des foyers britanniques aux bancs du Parlement, aura lieu vendredi soir.Entre le Royaume-Uni et les 27, tout reste à faire. La séparation, sans grand changement concret dans l’immédiat, marquera surtout le coup d’envoi des négociations pour déterminer les modalités de leur relation. Malgré les tentatives des eurosceptiques les plus fervents, la cloche de Big Ben, en travaux, restera muette. En revanche, une horloge lumineuse projetée sur Downing Street lancera le compte à rebours avant le grand saut. Une pièce de 50 pence (65 centimes de dollar américain, soit 975 livres...
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