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Nos lecteurs ont la parole - Par Sylvio Le Blanc

La présidentielle des cinq septuagénaires

Un sujet semble tabou dans l’actuelle course à la présidence états-unienne, c’est l’âge des principaux candidats et l’état de santé de l’un d’entre eux en particulier. Ça ne devrait pas être le cas, pourtant.

À une année de la présidentielle, si Michael Bloomberg se lance dans la mêlée, les quatre démocrates qui semblent avoir les meilleures chances de battre Donald Trump sont tous septuagénaires. Les plus jeunes n’ont pas la cote. Quant au président lui-même, il compte 73 balais. Du jamais-vu.

Le plus vieux des candidats, Bernie Sanders, a 78 ans. À cet âge, normalement, on ralentit sérieusement la cadence, et plus encore si on n’est pas au mieux de sa forme. Je lui conseille de se ménager, parce que si son cœur lui joue un autre mauvais tour, plusieurs de ses partisans lui suggéreront délicatement d’accrocher ses patins.

Si l’on considère les exigences liées au plus prestigieux des emplois des États-Unis, Sanders aura-t-il la force nécessaire pour assumer pleinement ses fonctions s’il est élu ? Il y a fort à parier que le vice-président prendra beaucoup de place. Ce fut le cas sous Dwight Eisenhower, qui logea à la Maison-Blanche de 1953 à 1961, huit années durant lesquelles le vice-président Richard Nixon en mena large, du fait des graves problèmes de santé du président (deux crises cardiaques, notamment), qui laissa son poste à l’âge de 70 ans. S’il est élu dans un an, Sanders aura 79 ans. S’il se représente en 2024, il en aura 83, et 87 à la fin de son second et dernier mandat, en janvier 2029. Ouf !

François Mitterrand aurait-il dû se présenter à nouveau à la présidence française pour un autre interminable septennat en 1988, à l’âge de 71 ans ? À la lumière des années au cours desquelles il a dû combattre un cancer et où il s’en est trouvé diminué, il est permis d’en douter. Quant à Jacques Chirac, il a eu toutes les misères du monde à terminer son second mandat à 74 ans.

Jean Chrétien, voyant un John McCain diminué par cinq terribles années de geôle au Vietnam, mais malgré tout en passe de gagner l’investiture républicaine en 2008 à l’âge de 71 ans, a dit à la blague qu’il pourrait revenir en politique, n’ayant que deux ans de plus que lui. Vous auriez imaginé Chrétien de retour à la tête du Canada à 73 ans? Grands dieux !

Sylvio LE BLANC

Montréal-Québec

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Un sujet semble tabou dans l’actuelle course à la présidence états-unienne, c’est l’âge des principaux candidats et l’état de santé de l’un d’entre eux en particulier. Ça ne devrait pas être le cas, pourtant.À une année de la présidentielle, si Michael Bloomberg se lance dans la mêlée, les quatre démocrates qui semblent avoir les meilleures chances de battre Donald Trump sont tous septuagénaires. Les plus jeunes n’ont pas la cote. Quant au président lui-même, il compte 73 balais. Du jamais-vu. Le plus vieux des candidats, Bernie Sanders, a 78 ans. À cet âge, normalement, on ralentit sérieusement la cadence, et plus encore si on n’est pas au mieux de sa forme. Je lui conseille de se ménager, parce que si son cœur lui joue un autre mauvais tour, plusieurs de ses partisans lui suggéreront délicatement...
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