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Politique - Arrestations Violentes

La « semaine de la colère » semble avoir déteint sur les forces de l’ordre

Dans une conférence de presse tenue hier pour s’expliquer sur les interpellations brutales des derniers jours, le directeur général des FSI a évoqué la présence d’infiltrés parmi les manifestants.


Rafif Souny, une victime des brutalités policières. Photo tirée de la page Facebook de l’activiste Jad Chaabane

Pratiquée à maintes reprises depuis le début des contestations, la violence utilisée par l’armée et les forces de sécurité n’a jamais atteint un niveau aussi élevé qu’en cette semaine baptisée « la semaine de la colère ». Il semble que la colère des manifestants a suscité celle encore plus furieuse de soldats et d’éléments de la brigade antiémeute, qui se sont acharnés mardi et mercredi sur de nombreux protestataires, sans distinguer entre jeunes gens et jeunes filles ni évaluer les effets graves que répercutent leurs coups sur la santé de leurs victimes.

Les images en direct sur les chaînes de télévision se sont multipliées tout au long des deux soirées, montrant des manifestants traînés par terre et tirés avec brutalité par leurs pieds et leurs mains, ou d’autres encerclés chacun par une dizaine d’agents, ou d’autres encore battus sans discernement avec des matraques.

L’activiste Jad Chaabane a publié hier sur Facebook la photo d’une jeune fille étendue, un masque respiratoire sur la figure, les yeux fermés. « Rafif Souny a été violemment battue la nuit dernière (mercredi à jeudi) par les forces de police, alors qu’elle manifestait devant la caserne Hélou avec des milliers de personnes pour la libération des détenus (appréhendés mardi à la suite d’agressions et d’actes de vandalisme de banques à Hamra) », a légendé M. Chaabane, précisant que « Rafif souffre de perte de mémoire et de vue ». « Une autre victime de brutalités policières injustifiées », a-t-il noté, soulignant que la jeune fille est actuellement hospitalisée à l’Hôpital américain de Beyrouth (AUH). De nombreux internautes ont apposé à ce propos des commentaires stigmatisant les méthodes d’interpellation violentes. « Que fait donc (la ministre de l’Intérieur) Raya el-Hassan ? » demande l’un. « Les gens au pouvoir créent chez les jeunes une frustration indescriptible qui leur soufflera bientôt au visage et les éloignera de leurs sièges qu’ils vénèrent », estime un autre.

Ali, fils de Habib Fayad, journaliste proche du Hezbollah, a lui aussi subi des violences qui lui ont causé de graves blessures à la tête. « Les héros ont traîné par terre Ali, mon fils unique. Leurs pieds ont piétiné son visage et leurs matraques ont si bien visé sa tête qu’elle en est toute tremblante. La sécurité est stabilisée. Merci Mme (Raya) Hassan, merci général (Imad) Osmane (directeur général des FSI) », a ironisé M. Fayad.

Imad Osmane

Pour répondre aux critiques adressées plus généralement à son service de sécurité et ses agents, le directeur général des FSI, le général Imad Osmane, a donné hier une conférence de presse qu’il a entamée en s’excusant auprès des médias pour les violences dont certains membres ont été victimes mercredi, lors de leur couverture des heurts devant la caserne Hélou. « Je présente mes excuses aux journalistes et photographes qui couvraient ce qui s’est passé devant la caserne Hélou. Hier, j’ai su qu’un photographe a été blessé et qu’il a été hospitalisé. Je suis entré en contact avec lui », a précisé le général Osmane.

Reconnaissant que « toute personne fait des erreurs », le directeur général des FSI a cependant affirmé que l’institution joue son rôle « en toute honnêteté et fierté ». « Les agents des FSI font leur travail sérieusement et ne veulent agresser personne (...). Je mets au défi quiconque de me dire que j’ai agressé quelqu’un avant qu’il ne m’agresse », a-t-il lancé, évoquant « une infiltration d’éléments ». M. Osmane est revenu à cet égard sur ce qui s’est passé mercredi devant la caserne Hélou. « À 18h40, environ 300 personnes se trouvaient sur place. À 20 heures il y en avait 1 000. Certaines ont commencé à lancer des pierres et des pétards. À 21 heures, nous comptions 26 blessés dans nos rangs, et nous n’avions pas encore agi. » « Voulez-vous que nous nous délaissions de notre rôle de préserver la sécurité ? » a-t-il interrogé. « Est-il demandé que nous regardions les crimes sans réagir, au moment où certains disent qu’il s’agit d’une révolution ? Est-ce que la révolution est vandalisme, violence et tentatives d’assassinat ? »

« Je vous demande de vous tenir à nos côtés pour arrêter ces infiltrés. C’est à nous de les arrêter et c’est à la justice de faire le reste. Notre rôle sera toujours national », a conclu le général Osmane.

« Depuis le 17 octobre, date du début du mouvement de contestation, 483 agents de police ont été blessés, dont environ 100 ces dernières 48 heures », a-t-il indiqué, avant de poursuivre son bilan : « 70 véhicules militaires, 298 banques, 490 biens publics et privés ont été endommagés, tandis que 353 civils ont été arrêtés. »


Pratiquée à maintes reprises depuis le début des contestations, la violence utilisée par l’armée et les forces de sécurité n’a jamais atteint un niveau aussi élevé qu’en cette semaine baptisée « la semaine de la colère ». Il semble que la colère des manifestants a suscité celle encore plus furieuse de soldats et d’éléments de la brigade antiémeute, qui se sont acharnés mardi et mercredi sur de nombreux protestataires, sans distinguer entre jeunes gens et jeunes filles ni évaluer les effets graves que répercutent leurs coups sur la santé de leurs victimes.Les images en direct sur les chaînes de télévision se sont multipliées tout au long des deux soirées, montrant des manifestants traînés par terre et tirés avec brutalité par leurs pieds et leurs mains, ou d’autres encerclés chacun par...
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