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Des centaines d'Irakiens rendent hommage à deux journalistes tués à Bassora

Photo AFP / Hussein FALEH

Des centaines d'Irakiens ont rendu hommage samedi à deux journalistes tués la veille par des rafales de balles sur leur voiture à Bassora (sud), où ils avaient couvert les manifestations antipouvoir pendant des mois.

Ahmed Abdessamad, 37 ans et correspondant de la chaîne d'information Dejla dans la province pétrolière de Bassora, et son confrère caméraman Safaa Ghali, 26 ans, ont été "assassinés" vendredi près d'un poste de police "par des hommes armés" ayant ouvert le feu sur leur voiture, selon l'Observatoire irakien des libertés journalistiques (JFO).

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Bassora samedi, brandissant des portraits des deux journalistes et des drapeaux irakiens, et portant symboliquement des cercueils vides.

"Ce qui s'est passé était une tentative d'effrayer les gens, mais tout le monde à Bassora est venu pleurer la mort d'Ahmed et son collègue Safaa", a déclaré un Irakien à l'AFP. "C'était une tentative de faire taire les gens."

Avant d'être tué, M. Abdessamad avait fait parvenir au JFO un enregistrement vidéo dans lequel il affirmait être menacé par "des milices pour avoir critiqué l'Iran et couvert les manifestations" qui conspuent le pouvoir irakien et son parrain iranien depuis début octobre. Il avait aussi posté sur Facebook une vidéo dans laquelle il dénonçait les arrestations de militants à Bassora alors que des milliers d'Irakiens ressortaient dans les rues de différentes villes pour dénoncer les ingérences iraniennes et américaines dans leur pays.

M. Abdessamad a été tué sur le coup tandis que M. Ghali a été touché par cinq balles et a succombé à ses blessures à l'hôpital, selon l'Observatoire.

Le Syndicat des journalistes irakiens a réclamé aux commandants de la police de Bassora les résultats de l'enquête au plus vite et que "les criminels soient présentés à la justice". "Aucun journaliste ne devrait avoir peur pour sa sécurité ou être attaqué parce qu'il couvre des manifestations", s'est indigné le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) basé à New York.

Avant même le début du mouvement de contestation, M. Abdessamad dénonçait inlassablement sur sa page Facebook, suivie par près d'un million de personnes, la corruption des dirigeants.

Depuis le 1er octobre, violences et répression ont fait plus de 460 morts --quasiment tous des manifestants-- et plus de 25.000 blessés. Le pouvoir, comme les forces de sécurité, est aujourd'hui dominé par les pro-Iran et le Parlement réclame le départ des troupes américaines que les factions pro-Iran dénoncent comme une "force d'occupation". Les manifestants, eux, veulent en finir aussi avec la mainmise de Téhéran et réclament une amélioration des conditions de vie dans le deuxième pays producteur de pétrole de l'Opep, où un jeune sur quatre est au chômage et un habitant sur cinq sous le seuil de pauvreté.

Des centaines d'Irakiens ont rendu hommage samedi à deux journalistes tués la veille par des rafales de balles sur leur voiture à Bassora (sud), où ils avaient couvert les manifestations antipouvoir pendant des mois.
Ahmed Abdessamad, 37 ans et correspondant de la chaîne d'information Dejla dans la province pétrolière de Bassora, et son confrère caméraman Safaa Ghali, 26 ans, ont été "assassinés" vendredi près d'un poste de police "par des hommes armés" ayant ouvert le feu sur leur voiture, selon l'Observatoire irakien des libertés journalistiques (JFO).
Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Bassora samedi, brandissant des portraits des deux journalistes et des drapeaux irakiens, et portant symboliquement des cercueils vides.
"Ce qui s'est passé était une tentative d'effrayer les gens, mais tout...