Plutôt que le Brexit, c’est le Megxit qui domine dans les médias. La décision du prince Harry et son épouse Meghan de se mettre en retrait de la monarchie a placé le Royaume-Uni en émoi et pris tout le monde de court, jusqu’à la reine Elizabeth II et le prince héritier Charles. Tolga Akmen/AFP
Ils n’avaient même pas prévenu la reine… La décision du prince Harry et son épouse Meghan de se mettre en retrait de la monarchie a placé le Royaume-Uni en émoi et a été fustigée par la presse pour son hypocrisie. Le choc était tel qu’il a relégué au second plan le vote historique des députés britanniques, qui ont donné leur feu vert à la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne après trois ans et demi de déchirements.
Plutôt que le Brexit, c’est le Megxit qui dominait dans les médias après l’annonce qui a pris tout le monde de court, jusqu’à la reine Elizabeth II, grand-mère de Harry, et le prince héritier Charles. Le couple veut prendre son indépendance financière et s’installer une partie de l’année en Amérique du Nord, après s’être épanché sur ses difficultés à vivre sous la pression médiatique de tabloïds impitoyables. Difficile à avaler pour la famille royale, qui estime la situation « compliquée ». Elle espérait pouvoir entamer 2020 sous de meilleurs auspices, après le retrait l’an dernier du prince Andrew de toutes ses obligations publiques en raison de ses liens avec le pédophile américain Jeffrey Epstein. Selon certains médias britanniques, citant une source au sein du palais de Buckingham, les équipes de la reine, de son fils Charles et des fils de ce dernier, William et Harry, ont pour instruction de travailler « à un rythme soutenu » pour trouver des « solutions ». Une issue est une question « de quelques jours, pas de semaines », a rapporté cette source.
Quoi qu’il en soit, Meghan est retournée hier au Canada, où le couple venait de passer plusieurs semaines de vacances, a indiqué une porte-parole du couple princier. « Je peux confirmer les informations selon lesquelles la duchesse de Sussex est au Canada », a-t-elle déclaré. L’ancienne actrice américaine a vécu au Canada lorsqu’elle jouait dans la série Suits. Le couple princier y a passé les fêtes de Noël et est réapparu publiquement au Royaume-Uni lundi dernier, pour une visite à la Maison du Canada à Londres. Selon le Daily Mail, Meghan rejoint au Canada son fils Archie, âgé de huit mois, qui y était resté. Il est question que le prince Harry, sixième dans l’ordre de succession au trône de Grande-Bretagne, les rejoigne rapidement, selon le quotidien britannique.
En octobre dernier, Harry et Meghan s’étaient confiés dans un documentaire sur leurs difficultés face à l’exposition médiatique, s’attirant des critiques acerbes de la presse en s’épanchant de la sorte lors d’un voyage en Afrique. Meghan Markle avait d’abord été considérée comme un souffle de fraîcheur par les puissants tabloïds britanniques, qui se sont ensuite retournés contre elle, dénonçant dans des articles au vitriol son comportement prétendu capricieux et l’attaquant sur sa relation conflictuelle avec son père ou son train de vie luxueux. Face à ces critiques, le prince Harry a déposé plainte contre des tabloïds en octobre dernier. Il avait dit craindre que sa femme ne connaisse le même sort que feue sa mère Diana, morte en 1997 dans un accident de voiture à Paris. Et cette nouvelle crise pourrait écorner un peu plus encore l’image de la famille royale britannique, qui a connu une année 2019 difficile, entre accident de voiture et problèmes de santé de l’époux de la reine Elizabeth II, le prince Philip, et le retrait du prince Andrew de toutes ses obligations publiques après une interview désastreuse sur ses liens avec le pédophile américain Jeffrey Epstein.
En écho aux fissures lézardant la monarchie britannique, Madame Tussauds, le célèbre musée londonien de personnages en cire, a annoncé qu’il allait éloigner Harry et Meghan des autres figures représentant le noyau dur de la famille royale « avec effet immédiat ». Pour l’expert de la famille royale Richard Fitzwilliams, Harry et Meghan ont choisi de « partir comme des rebelles », ce qui souligne « à quel point ils sont malheureux et stressés ». Plus sévère, la presse évoque la « profonde déception » de la souveraine et va jusqu’à établir une comparaison avec la fracassante abdication, en 1936, du roi Edward VIII pour épouser Wallis Simpson, une Américaine divorcée – comme Meghan. Harry et Meghan « se retirent de leurs obligations et se défilent », estime un spécialiste des affaires royales, le journaliste et auteur Phil Dampier, cité par le Telegraph. Pour le Times, cette annonce « porte tous les signes de l’égoïsme et de l’impulsivité pour lesquels le prince Harry est maintenant tristement connu ».
Source : AFP

