Le nonce apostolique, Joseph Spiteri, remettant le message du pape François, pour la Journée mondiale de la paix, au mufti de la République, le cheikh Abdellatif Deriane. Photo ANI
Comme il est devenu de tradition depuis quelques années, le nonce apostolique, Mgr Joseph Spiteri, a rendu visite hier aux représentants des trois grandes communautés religieuses musulmanes au Liban, pour leur remettre copie du message du pape François à l’occasion du 1er janvier, Journée mondiale de la paix. Accompagné du P. Fadi Daou, président de la Fondation Adyan, Mgr Spiteri a successivement rendu visite au mufti Abdellatif Deriane, au cheikh Abdel Amir Kabalan, président du Conseil supérieur chiite, et au cheikh Naïm Hassan, cheikh Akl druze.
Prenant la parole à sa sortie de Dar el-Fatwa, Mgr Spiteri a affirmé que le message du pape « revêt une signification toute particulière pour le Liban en crise, et dont le relèvement dépend de la solidarité de ses fils ». « C’est pourquoi nous espérons que le pays sera toujours témoin de cette solidarité, que nous voyons d’ailleurs à l’œuvre dans la rue, et nous souhaitons que l’année 2020 sera celle du règlement de la crise au Liban », a-t-il ajouté.
Dans son message intitulé « La paix, chemin d’espérance : dialogue, réconciliation et conversion écologique », le Saint-Père donne des pistes pour parvenir à la paix. Celle-ci est possible à condition de l’espérer et d’ouvrir son cœur à des relations fraternelles et respectueuses, souligne-t-il.
Briser la dynamique de la défiance
Pour briser cette dynamique de la défiance, il faut « poursuivre une fraternité réelle, basée sur la commune origine divine et exercée dans le dialogue et la confiance réciproques ». Et cela est possible car le « désir de paix est profondément inscrit dans le cœur de l’homme ». L’espérance, quant à elle, « donne des ailes pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent insurmontables ».
Dans son message, le pape invite à une communion fraternelle s’inscrivant dans chaque domaine de l’existence, social, économique et politique. « Il n’y aura jamais de vraie paix tant que nous ne serons pas capables de construire un système économique plus juste », écrit-il avant de citer un passage de l’Encyclique de son prédécesseur, Caritas in veritate. Le pape François s’attache alors à présenter la paix comme un « chemin de conversion écologique », de nouvelles relations entre les hommes et avec la terre.
Cette conversion écologique conduit « à avoir un nouveau regard sur la vie » et elle doit « être comprise de manière intégrale », en transformant toutes les relations de l’homme avec ce (et ceux) qui l’entourent. Pour un chrétien, il s’agit donc de « laisser jaillir toutes les conséquences de la rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde » (Laudato Si’).


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