Le Tribal Warrior, voilier dont 8 des 11 membres d’équipage sont aborigènes, dont une femme. Une première sur la course classique à la voile Sydney-Hobart. Saeed Khan/AFP
Le supermaxi Comanche, l’un des grands favoris de la course, emmène la flotte de la Sydney-Hobart, qui s’est élancée hier à la mi-journée d’Australie (à 4h00 du matin au Liban), sous un beau soleil de l’été austral, direction plein sud vers Hobart dans l’île de Tasmanie.
Cinq heures et demie après le départ, donné aux 164 voiliers (record de participation) dans le décor grandiose de la baie de Sydney, Comanche, qui détient le record de la course, précède une meute de quatre concurrents, dans un mouchoir de poche à moins de dix milles nautiques du leader. Parmi ce quatuor de poursuivants, emmené par Info Track à 5,5 milles nautiques, se trouve Wild Oats XI, nonuple vainqueur et tenant du titre. Après un départ dans une brise légère, des changements météo étaient attendus en soirée, avec des vents variables et plus soutenus.
La Sydney-Hobart, longue de 628 milles nautique, en est à sa 75e édition. Le record de la course est détenu depuis 2017 par Comanche en 1 j
9 h 15 min 24 sec. Il a peu de chances d’être mis en péril cette année, où les vents sont trop faibles. Depuis sa création en 1945, la Sydney-Hobart a souvent fait l’histoire, entre exploits et drames, de la victoire d’Éric Tabarly, la seule d’un Français, en 1967, aux six morts de l’édition 1998.
En outre, toujours côté historique, le plus vieux bateau à avoir jamais participé à la Sydney-Hobart, Katwinchar, un ketch de dix mètres construit en 1904, était aligné avec plusieurs autres embarcations en bois qui prennent part à la course. Et, s’il aura du mal à jouer les premiers rôles, l’équipage du Tribal Warrior écrira aussi, à sa manière, l’histoire de l’épreuve : il s’agit du premier équipage aborigène (8 des 11 membres le sont) à disputer l’illustre compétition classique à la voile. Seule femme à bord, Naomi Cain (42 ans) a su y trouver sa place comme entre les grues, cargos et containers du port de Sydney où elle est débardeuse. Un « grand défi » que cet équipage aborigène relève pour « changer le regard des gens » et « montrer la voie » aux derniers descendants des premiers occupants de l’île-continent. « Quand on me demande pourquoi cette idée, je réponds : pourquoi pas ! » s’amusait ainsi le skipper Wayne Jones (59 ans), à l’initiative du projet, avant le départ.
Source : AFP


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