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Lamia DAROUNI

La générosité des Libanais : un exemple au monde entier

Je défie n’importe quel peuple d’un pays civilisé de se prendre en charge et de s’entraider dans l’urgence comme nous le faisons depuis le début de cette révolution. Je défie n’importe quel peuple de lancer autant d’initiatives personnelles, culturelles, artistiques, humanitaires, comme ces jeunes, ces femmes et cette communauté que nous formons. Je défie n’importe quel étranger de répondre à des appels lancés sur les réseaux sociaux pour récolter argent, denrées alimentaires, médicaments, aussi spontanément que nous, sans poser de questions, sans savoir souvent où vont ces aides, juste pour aider, donner et soulager la misère d’autrui.

Depuis le début de cette révolution, avec l’hiver et la faim qui menacent ces pauvres et ces familles en détresse, les dons affluent, les aides se multiplient, s’enchaînent. Des repas sont préparés et offerts gratuitement sur cette place de la Liberté et aux quatre coins du pays. Des colis alimentaires sont expédiés pour soulager la faim sur tout le territoire libanais. Les expatriés multiplient eux aussi les initiatives pour aider leur pays, envoyer de l’argent, médicaments, habits d’hiver...

En Europe, c’est l’État qui se charge de ces sans-abri, de ces familles sans aucune ressource : Restos du cœur, Secours populaire... Au Liban, nous sommes tous des Restos du cœur, des Secours populaires, financés par nous-mêmes, avec nos petits moyens. Parce que au Liban nous avons compris que nous sommes des orphelins privés de parents, laissés à nous-mêmes face à notre destin, face à notre misère. Nous avons compris que l’autre ne peut pas vivre sans nous et que sans nous, l’autre ne survivrait pas. Malheureusement, l’État l’a compris aussi. Il a vu qu’il a affaire à un peuple qui peut se prendre en charge dans l’urgence et le besoin, un peuple qui ne laisserait jamais tomber son prochain sans l’aider à se relever, un peuple surtout dont la générosité est ancrée dans son ADN, et qui donne un très bel exemple au monde entier. Alors l’État s’en est lavé les mains, nous laisse face à notre destin et fait fi de tous les besoins, la misère et la détresse de son peuple.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.


Je défie n’importe quel peuple d’un pays civilisé de se prendre en charge et de s’entraider dans l’urgence comme nous le faisons depuis le début de cette révolution. Je défie n’importe quel peuple de lancer autant d’initiatives personnelles, culturelles, artistiques, humanitaires, comme ces jeunes, ces femmes et cette communauté que nous formons. Je défie n’importe quel...

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