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Moyen Orient et Monde

Polémique après la diffusion d’une photo de Macron avec Élie Hatem, figure de l’extrême droite

Éclairage

L’avocat franco-libanais, proche des milieux de l'extrême-droite en France, était invité à la remise de la Légion d’honneur de deux acteurs.

14/12/2019

L’avocat franco-libanais et militant d’extrême droite Élie Hatem s’est retrouvé au cœur d’une polémique en France après avoir publié mercredi sur son compte Facebook des selfies pris à l’Élysée, où il pose tour à tour avec le président Emmanuel Macron et son épouse Brigitte. La légende qui accompagnait les clichés, effacés depuis par l’intéressé, porte à confusion : « Le président français, Emmanuel Macron, appuie les efforts en vue de la sortie de crise du Liban avec un gouvernement fort et capable. »

Problème, l’avocat omet de préciser quand et dans quelles circonstances ces photos ont été prises, laissant ainsi entendre qu’il a été reçu officiellement par le chef de l’État français, notamment afin d’évoquer la crise politique, économique et sociale que traverse le Liban depuis le 17 octobre.

Sur les réseaux sociaux, les photos sont loin d’avoir fait l’unanimité. Certains amis Facebook de l’avocat et visiblement partisans de l’extrême droite lui ont gentiment reproché le fait de s’afficher avec le président Macron, alors que ses détracteurs ont dénoncé le fait qu’il ait pu être invité à l’Élysée. « Comment est-ce possible qu’Élie Hatem, ancien membre de l’Action française, fervent défenseur de Charles Maurras et complotiste d’extrême droite, puisse être reçu à l’Élysée avec les honneurs ? » s’est empressée de réagir l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) sur Twitter.

Visiblement embêté, l’Élysée a expliqué au journal Le Parisien que la scène s’est déroulée « en novembre », lors d’une remise de décoration, ajoutant que les listes d’invités sont systématiquement « screenées pour s’assurer que personne ne portera atteinte à la sécurité », mais que « les opinions ou prises de position des invités ne sont pas regardées en détail ». Élie Hatem faisait partie de la liste des invités dressée par deux des trois récipiendaires, à savoir les acteurs Robert Hossein et Jean-Paul Belmondo. Ce soir-là, soit le 8 novembre, le créateur de mode Ralph Lauren était également décoré.

« J’ai été invité à une remise de la Légion d’honneur. Je me suis rendu à l’Élysée, j’ai rencontré le président comme tout le monde durant la réception. Nous avons pris des photos. Même si je ne suis pas de la même formation politique, je trouve qu’il a fait un très bon travail en politique étrangère et qu’il a repris la diplomatie traditionnelle et équilibrée de la France », confirme Élie Hatem à L’Orient-Le Jour.



Proche des Le Pen
Le 11 décembre, le Quai d’Orsay recevait le Groupe international de soutien au Liban pour une réunion de travail. L’avocat décide alors de poster les selfies pris un mois plus tôt, simplement pour illustrer son « contentement ». « On a reproché à M. Macron le fait d’accepter d’être pris en photo avec le diable », argumente Élie Hatem, connu pour être un intime de Jean-Marie Le Pen. « Lorsque j’ai discuté avec le président, je lui ai dit que j’admirais ses prises de position en politique étrangère et nous avons rapidement parlé de la crise libanaise », dit-il.

Sûr de lui, il confie qu’il ne serait pas fermé à l’idée de revenir au Liban pour y jouer un rôle politique. « L’idée de mon éventuelle présence au sein du prochain gouvernement libanais circule sur internet », appuie-t-il. Dans un article mis en ligne il y a trois semaines, le magazine libanais al-Jaras a dressé une liste de personnalités qui pourraient, selon lui, rejoindre le gouvernement, parmi elles Ragheb Alameh, Nayla Tueni, Alexandre Najjar, Chamel Roukoz. Élie Hatem y est mentionné comme pressenti au ministère des Affaires étrangères. Pro-syrien, il apparaît plutôt proche de la ligne des partis du 8 Mars. « Je ne suis dans aucun parti politique au Liban », se défend-il.

Peu connu au Liban, l’avocat fait régulièrement parler de lui en France en raison de ses affiliations et ses positions sujettes à controverse, tout comme les Franco-Libanais Jean-François Jalkh, eurodéputé Rassemblement national (RN), et Serge Ayoub, figure de l’ultradroite. Avocat du mercenaire français Bob Denard et conseiller de l’ancien secrétaire général de l’ONU Boutros Boutros Ghali, il défend actuellement Rifaat el-Assad, l’oncle du président syrien, jugé à Paris pour « blanchiment de détournement de fonds publics et de fraude fiscale aggravée ». Admirateur de Charles Maurras, théoricien de l’« antisémitisme d’État », Élie Hatem a été membre du mouvement royaliste Action française dès 1983, avant d’en être écarté en 2015, selon Libération, après sa participation aux municipales dans le 4e arrondissement de Paris sous les couleurs du Rassemblement bleu Marine et ses prises de parole avec les intégristes catholiques de Civitas. Samedi 14 décembre, Clément Gautier, secrétaire général de l'Action française, indiquait, dans un communiqué, que M. Hatem est toujours membre de l'Action française, dont il est l'avocat.

Il avait notamment participé à l’organisation de la visite au Liban de Marine Le Pen, alors candidate à l’élection présidentielle française, en 2017. En février dernier, l’université Paris 13 avait annoncé la suspension des cours de droit des associations dispensés par Élie Hatem, après une intervention de l’UEJF. « Ce sont eux qui m’attaquent encore aujourd’hui », dénonce-t-il. Amateur de selfies, il a notamment pris la pose avec Bouthaina Chaabane, conseillère de Bachar el-Assad, ou bien Anis Naccache, ancien militant libanais condamné pour terrorisme qui avait tenté d’assassiner en France, en 1980, l’ex-premier ministre iranien Chapour Bakhtiar.


Rq : cet article a été modifié samedi 14 décembre à 23h après la publication d'un communiqué de l'Action française.

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Sissi zayyat

Je ne le connaît pas ce Monsieur mais il a des drôles d'idoles et pas les plus respectables qui soient. Si son approche auprès du president Macron consiste à faire la balance et se montrer plus crédible c'est raté le voilà démasqué.
Tout ce qu'on veut mais pas des fans d'Assad de grâce. On n'en peut plus de ceux-là
On essaie pénibleblement de les mettre hors de nuire. Nous n'allons pas nous coltiner leurs remplaçants.

Aboumatta

Il peut admirer qui il veut, il peut etre de la ligne politique de sont choix, mais il ne faut pas qu'il il soit voleur!, car c'est de ceux-là qu'on on en marre !

Marionet

Cet homme s'est vu ministrable et a voulu boosté sa "stature internationale" en s'exposant avec Macron.

BOSS QUI BOSSE

Où est le problème ?

Ça gêne qui en fait ? Lol.

TORIEL Raphael

Son odeur de soufre n’indispose visiblement pas tout le monde... Il est vrai que nous sommes habitués à de bien plus atroces senteurs. Ici, il pourrait être un candidat acceptable des 8 mars !
Pourquoi, ce qui m’attriste le plus c’est qu’il ait été sur la liste des invités de Robert Hossein et de Jean-Paul Belmondo ? Je les aimais bien, ces deux-là !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

JE NE VOIS PAS EN QUOI CA C,EST DE L,INTERDIT. BIZARRE CONCEPTION DES CHOSES.

Yves Prevost

Je ne partage pas nécessairement toutes les idées de cet homme, mais est-il accusé de quelque délit? Non? Dans ce cas, où est le probl♪me?

HABIBI FRANCAIS

Elie Hatem admirateur du marechal Petain en France et du general Aoun au Liban et de Assad ...tout est dit.

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