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Sport - Athlétisme / Dopage

La Russie risque une exclusion des JO 2020

Les athlètes kényan Eliud Kipchoge (à gauche), premier homme à être descendu sous la barre mythique des 2 heures au marathon, et américaine Dalilah Muhammad (à droite), qui a battu à deux reprises en 2019 le record du monde du 400 m haies, ont été sacrés samedi athlètes de l’année, lors de la soirée de remise de prix organisée à Monaco par la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics ; ex-IAAF). Kipchoge n’était pas présent à la cérémonie, mais a remercié World Athletics, se disant « très honoré », via une vidéoconférence. Njeri Mwangi/Reuters et Valery Hache/AFP

La participation de la Russie aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 est plus que jamais incertaine après la recommandation d’un comité indépendant de l’Agence mondiale antidopage (AMA) de déclarer l’Agence russe antidopage (Rusada) non conforme. La balle est désormais dans le camp du comité exécutif de l’AMA, qui doit se réunir le 9 décembre à Paris afin d’évaluer la procédure en cours et de prendre d’éventuelles sanctions. Des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion des JO auxquelles devra alors se conformer la Comité international olympique (CIO).

Le Comité de révision de la conformité (CRC) a émis cette recommandation samedi à la suite « d’incohérences » constatées dans les données récupérées par les enquêteurs de l’AMA auprès du laboratoire de Moscou, au cœur d’un système de dopage institutionnel entre 2011 et 2015. En janvier 2019, la Russie avait transmis des données électroniques des contrôles à l’AMA, une condition que cette dernière avait posée pour lever la suspension de ce pays en septembre 2018. L’AMA avait précédemment averti la Russie qu’elle ferait face aux « sanctions les plus sévères » si l’une de ces données transmises était falsifiée. La recommandation du CRC se base sur les données du service renseignements et enquêtes de l’agence, basée à Montréal, qui avait annoncé fin octobre avoir reçu de nouvelles réponses des autorités russes « à une liste de questions techniques détaillées ».

« Tout est conforme à la logique juridique, comme prévu », a déclaré le chef de l’agence russe (Rusada), Iouri Ganous. « Rusada est jugée non conforme car la décision de conformité rendue en septembre 2018 était soumise à deux conditions. Elles ont été remplies formellement mais pas correctement », a ajouté Ganous, qui avait dénoncé la semaine dernière le rôle des autorités russes dans la falsification de données transmises à l’AMA. « C’est simplement une recommandation », a minimisé le ministre russe des Sports, Pavel Kolobkov, qui avait assuré au début du mois que « les manipulations dont le chef de Rusada parle n’existent pas ». « Nous parlerons de ça le 9 décembre », a ajouté le ministre.

Le patron de l’agence américaine antidopage (Usada), Travis Tygart, qui avait vivement critiqué la levée de la suspension de Rusada, a estimé « qu’une suspension de moins de quatre ans pour cette violation grave, comportant des circonstances aggravantes après des années de déni et de tromperie, constituerait une injustice de plus vis-à-vis des athlètes propres ».

La manière forte de World Athletics

Pour ne rien arranger au cas de la Russie, la Fédération internationale d’athlétisme (World Athletics; ex-IAAF) avait suspendu quelques heures plus tôt le processus de réadmission du pays, banni depuis novembre 2015 en raison de ce scandale de dopage institutionnel. World Athletics a choisi la manière forte et a eu la main lourde vis-à-vis de la Russie, qui voit s’éloigner encore un peu plus la perspective de réintégrer à court terme le concert des nations du premier sport olympique. La Task Force, chargée de juger des progrès du pays dans la lutte antidopage et de faire des recommandations au Conseil de la Fédération internationale, n’a fait que prendre acte des dernières révélations concernant les pratiques douteuses ayant toujours cours dans le pays.

Outre la question sensible des données du laboratoire de Moscou, cinq dirigeants de la Fédération russe (Rusaf), dont le président démissionnaire Dmitri Chliakhtine, sont impliqués dans une sombre affaire de fourniture de faux documents au vice-champion du monde 2017 du saut en hauteur, Danil Lysenko, pour l’aider à échapper à une sanction pour manquements à ses obligations de localisation pour des contrôles antidopage inopinés. La Rusaf et tous les accusés, suspendus provisoirement, ont jusqu’au 12 décembre pour fournir des réponses à l’Unité d’intégrité de l’athlétisme (AIU, organe indépendant en charge de la lutte antidopage dans l’athlétisme). Autre grosse conséquence de l’affaire Lysenko : World Athletics a demandé à la Task Force « de revoir le processus de désignation des athlètes autorisés à concourir sous bannière neutre et de faire des propositions au Conseil pour voir si ce mécanisme doit être poursuivi et sous quelles forme », a expliqué Rune Andersen, le patron de la Task Force. World Athletics a également brandi la menace d’une exclusion de la Russie selon les prochains développements des enquêtes en cours.

Enfin, parallèlement, la Rusaf s’est dotée samedi d’une nouvelle présidente, Yulia Tarasenko, après la suspension de Chliakhtine par World Athletics. « La situation est très difficile au sein de la fédération, mais nous pensons qu’il y a une chance de lutter car nous représentons les athlètes et ils ne doivent pas en souffrir », a déclaré la nouvelle présidente.

Source : AFP

La participation de la Russie aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020 est plus que jamais incertaine après la recommandation d’un comité indépendant de l’Agence mondiale antidopage (AMA) de déclarer l’Agence russe antidopage (Rusada) non conforme. La balle est désormais dans le camp du comité exécutif de l’AMA, qui doit se réunir le 9 décembre à Paris afin d’évaluer la procédure en cours et de prendre d’éventuelles sanctions. Des sanctions pouvant aller jusqu’à l’exclusion des JO auxquelles devra alors se conformer la Comité international olympique (CIO).Le Comité de révision de la conformité (CRC) a émis cette recommandation samedi à la suite « d’incohérences » constatées dans les données récupérées par les enquêteurs de l’AMA auprès du laboratoire de Moscou, au cœur d’un...
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