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Nos lecteurs ont la parole - Serge Schoulika

Lutter contre la pauvreté, défi des prochains nouveaux gouvernants...

Lutter contre la corruption est la première des priorités, mais il y en a une autre, tout autant prioritaire, celle de lutter contre la pauvreté. C’est sur le « solidarisme », une économie politique sociale, la TVA et les impôts que les prochains nouveaux gouvernants devront se fonder pour gagner cette lutte, puisque les anciens et les actuels n’ont rien fait ou rien voulu faire sur ce plan.

Il y a plusieurs mesures qui peuvent être mises en place pour lutter contre la pauvreté et redonner du pouvoir d’achat aux Libanais, et en particulier aux classes pauvres et moyennes ; des mesures qui en même temps permettent à des familles de franchir, dans la bonne direction, le seuil de pauvreté. Outre l’alphabétisation, l’emploi, la sociabilisation et d’autres actions, une de ces mesures (d’ordre financier) est d’agir sur la TVA.

Augmenter la TVA comme l’a fait dernièrement le gouvernement, même si cette hausse devait être de 1 %, est une mesure totalement injuste. Ce sont les pauvres et les classes moyennes qui sont les plus touchés. On n’augmente pas la TVA quand les inégalités sont tellement importantes ; c’est irresponsable socialement et contre-productif économiquement. En effet, d’un côté le pouvoir d’achat, ou ce qu’il en reste, des pauvres et des classes moyennes va complètement s’effondrer et entraîner un appauvrissement supplémentaire, et d’un autre côté la consommation va automatiquement enregistrer une forte baisse.

Il faut au contraire baisser drastiquement la TVA pour tous les produits de première nécessité et l’augmenter dans les mêmes proportions, voire plus encore, pour tous les produits de luxe, de façon à ce qu’il n’y ait pas un « manque à gagner » pour l’État.

Parallèlement, les dépenses de l’État doivent fortement baisser, et les impôts directs pourraient être éventuellement augmentés, mais d’une façon très précise et accompagnée d’une condition : cette augmentation doit concerner les particuliers avec les plus hauts salaires et les sociétés avec les plus hauts bénéfices – les niveaux étant à déterminer –, et tout cela à une condition sine qua non, que les dépenses de l’État, encore une fois, baissent drastiquement. C’est un engagement que l’État doit prendre s’il veut éventuellement augmenter les impôts, mais en aucune façon il ne doit toucher aux bas et moyens salaires.

Dans un pays comme le Liban, qui a subi 15 ans de guerre, 25 ans de quasi-guerre et 40 ans de désastres économiques, on ne demande pas au peuple de payer, et si les riches sont sollicités, ce n’est pas par communisme, socialisme ou anticapitalisme, c’est par « solidarisme ».

D’une manière plus large, c’est d’une économie politique sociale que le peuple libanais et le Liban ont besoin ; une économie engagée et tournée vers les plus démunis.

En combinant la baisse des dépenses de l’État, la hausse des impôts comme cité plus haut, la baisse de la TVA pour les produits de première nécessité et sa hausse pour les produits de luxe, on contribuera à diminuer la dette, à améliorer la situation économique et sociale du pays et à lutter contre la pauvreté.

À propos de « solidarisme », c’est Léon Bourgeois, un député français radical, qui a inventé cette philosophie politique en 1896. Il écrit : « Le solidarisme est la responsabilité mutuelle qui s’établit entre deux ou plusieurs personnes, un lien fraternel qui oblige tous les êtres humains les uns envers les autres, nous faisant un devoir d’assister ceux de nos semblables qui sont dans l’infortune », et donc pourquoi pas une responsabilité mutuelle entre le gouvernement et le peuple ?

La rue gronde et il serait sage que le gouvernement libanais ou les prochains nouveaux gouvernants s’en inspirent...

Fondateur de l’association « La Troisième Voix pour le Liban »

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Lutter contre la corruption est la première des priorités, mais il y en a une autre, tout autant prioritaire, celle de lutter contre la pauvreté. C’est sur le « solidarisme », une économie politique sociale, la TVA et les impôts que les prochains nouveaux gouvernants devront se fonder pour gagner cette lutte, puisque les anciens et les actuels n’ont rien fait ou rien voulu faire sur ce plan. Il y a plusieurs mesures qui peuvent être mises en place pour lutter contre la pauvreté et redonner du pouvoir d’achat aux Libanais, et en particulier aux classes pauvres et moyennes ; des mesures qui en même temps permettent à des familles de franchir, dans la bonne direction, le seuil de pauvreté. Outre l’alphabétisation, l’emploi, la sociabilisation et d’autres actions, une de ces mesures (d’ordre financier)...
commentaires (2)

Chère Mme Zaarour, Je vous remercie pour votre message et je peux vous assurez que ce texte ainsi que d'autres concernant la crise économique seront adressés aussi bien aux gouvernants actuels, qui ne feront rien bien entendu, qu'aux prochains nouveaux gouvernants, qui je l'espère prendront en considération ces propositions concrètes. Et en effet, cette mesure concernant le TVA se distingue d'autres mesures, parce qu'elle peut être mise en place très rapidement et avoir des effets immédiats. Bien cordialement, Serge Schoulika Fondateur de l'associationn "La Troisième Voix pour le Liban"

Schoulika Serge

20 h 40, le 20 novembre 2019

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Commentaires (2)

  • Chère Mme Zaarour, Je vous remercie pour votre message et je peux vous assurez que ce texte ainsi que d'autres concernant la crise économique seront adressés aussi bien aux gouvernants actuels, qui ne feront rien bien entendu, qu'aux prochains nouveaux gouvernants, qui je l'espère prendront en considération ces propositions concrètes. Et en effet, cette mesure concernant le TVA se distingue d'autres mesures, parce qu'elle peut être mise en place très rapidement et avoir des effets immédiats. Bien cordialement, Serge Schoulika Fondateur de l'associationn "La Troisième Voix pour le Liban"

    Schoulika Serge

    20 h 40, le 20 novembre 2019

  • M. Serge Schoulika, vous êtes prié de faire parvenir votre analyse à tous ces MM. Les ministres sortants, aux députés et fonctionnaires de 1ère catégorie!!! Votre article représente la seule et unique solution au principal problème de la mauvaise gouvernance du Liban! Obligations, droits, civisme, Etat de droit, justice sociale, et autres, sont les facteurs indispensables pour mener à bien l'amélioration du statut misérable des classes pauvre et moyenne et mener la véritable lutte contre les inégalités! Bravo M. Schoulika, toute mon admiration et mes félicitations! Et à bon entendeur salut...

    Zaarour Beatriz

    22 h 57, le 16 novembre 2019

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