Je crois qu’il n’y a plus de mots qui décrivent les sentiments de rage et de colère que nous éprouvons devant tant d’insultes et de mépris. Il n’y a plus d’adjectifs qui reflètent toute notre rancœur et notre haine envers tant de bêtises. Il n’y a plus de qualificatifs qui décrivent l’état de cette rue qui hurle son désarroi depuis presque un mois. Si il reste peut-être encore un mot. Un seul : la colère et la honte.
Oui, Monsieur le Président : la colère de ce peuple devant tant de bêtises et d’ignorance. La colère de cette jeunesse de savoir qu’ils sont menés par un chef qui conjugue le verbe « mépriser » et « ignorer » à tous les temps. La colère de l’insulte que vous leur faites en ignorant leur douleur et leur détresse. La colère de vous voir mépriser leurs rêves et leurs espoirs. La colère de vos mots leur suggérant de quitter leur pays, leur famille et leur racine, au lieu de se battre et de s’y attacher. La colère de cette image de « président fort » que vous leur avez promis et de « père de tous », préférant un fils et divisant sa famille. La colère de voir tous leurs espoirs qu’ils avaient fondés en vous partir en fumée, espérant encore ces réformes et ces changements tant attendus. Aujourd’hui, jai honte Monsieur le Président face à toute cette jeunesse. J’ai honte face à ces familles qui hurlent leur faim. J’ai honte face à ces jeunes qui désespèrent mais continuent de se battre et d’y croire encore. Aujourd’hui, j’ai honte de dire que vous êtes le président de ma République. Et si j ai un conseil à vous donner, écoutez une fois, une seule fois, votre « cha3b Loubnan al-3azim », écoutez les cris de votre peuple, entendez le désespoir de cette jeunesse, répondez à leurs doléances, laissez-les bâtir leurs rêves et reconstruire leur pays. Tapez du poing, Monsieur le Président. Redevenez le président de tous les Libanais. Cette génération est digne de confiance. Cette génération est porteuse d’espoirs et de projets. Eh oui, Monsieur le Président. Il y a des jeunes purs, honnêtes, indépendants de toute ingérence politique, et dignes de confiance, qui sont capables de gérer le pays. Agissez avant qu’il ne soit trop tard, Monsieur le Président, car le peuple ne pardonne pas à celui qui l’a trahi et l’histoire ne retiendra que l’échec de ce mandat que vous avez tant espéré, paralysant le pays pour obtenir ce siège tant désiré.
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09 h 59, le 14 novembre 2019