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Liban

Siniora : Si c’était à refaire, je le referais

Rencontre

L’ancien Premier ministre, entendu par le procureur financier dans le cadre des soupçons de dépense de onze milliards de dollars, estime que certaines parties tentent d’utiliser la justice à des fins politiques.

Acil TABBARA | OLJ
13/11/2019

L’ancien Premier ministre Fouad Siniora, entendu la semaine dernière par le procureur financier Ali Ibrahim et conspué depuis le début du soulèvement populaire par certains manifestants qui l’accusent d’avoir dilapidé les fonds publics, est catégorique : l’affaire ressemble plus à un règlement de comptes politique qu’à une lutte contre la corruption.

« La semaine dernière, j’ai été entendu pendant trois heures et demie par le procureur financier », indique-t-il dans un entretien à bâtons rompus avec un groupe restreint de journalistes, dont un représentant de L’Orient-Le Jour. Le procureur, considéré comme proche du tandem chiite, l’a notamment interrogé sur l’affaire des 11 milliards de dollars que le Courant patriotique libre lui a reproché depuis des années d’avoir dépensés sans accord du Parlement, alors qu’il était au pouvoir. « J’ai répondu à chaque point qu’il a soulevé, portant sur les périodes pendant lesquelles j’étais Premier ministre et ministre des Finances. Je suis fier de ce que j’ai accompli à ces deux postes, et si c’était à refaire, je le referais », dit-il.

M. Siniora, un faucon du courant du Futur, a été ministre des Finances notamment de 2002 à 2004, ministre de l’Économie et du Commerce en 2004 et enfin Premier ministre de 2005 à 2009, après l’assassinat de Rafic Hariri.


(Pour mémoire : Reconstitution des comptes publics : Bifani répond à Siniora)



« Je suis pour que la justice joue son rôle, et Hassan Nasrallah a raison dans ce qu’il a dit hier (lundi) », dans son discours au cours duquel il a appelé la justice à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la corruption, ajoute l’ancien chef du gouvernement. « Mais la justice doit être équitable et intègre et tout le monde doit la respecter. » Or, pour lui, « tous les signes indiquent que certaines parties tentent d’utiliser la justice à des fins politiques ».

L’ancien Premier ministre déplore le fait qu’il « suffit de lancer ces temps-ci des accusations pour que des lynchages aient lieu, comme du temps de Robespierre ou des procès de Mahdaoui », en référence à la justice expéditive du président du tribunal militaire après la révolution irakienne, qui était en même temps juge et procureur.

M. Siniora souligne, chiffres à l’appui, qu’il a dû comme les gouvernements qui ont suivi jusqu’en 2017 assurer la continuité de la gestion des affaires courantes en l’absence de budget pendant onze ans, pour justifier le détournement de la règle du douzième provisoire, et que les fonds avaient bien servi à financer l’action de l’État sur cette période.


« Une tentative d’assassinat moral »

« Tous les gouvernements qui se sont succédé après moi ont utilisé les mêmes procédés, ajoute-t-il. Mais il est clair que l’on me vise, et c’est une tentative d’assassinat moral. Ils veulent criminaliser la période pendant laquelle j’étais Premier ministre », marquée par une tension avec le Hezbollah, ajoute l’ancien chef de gouvernement. « Ils veulent me détruire, et ce sera à la justice de trancher. Mais si on veut porter plainte contre moi, il faudra qu’on porte plainte contre tous les ministres des Finances qui m’ont suivi, de Jihad Azour à Ali Hassan Khalil, et contre tous les Premiers ministres qui m’ont succédé, Saad Hariri, Tammam Salam et Nagib Mikati. »


(Pour mémoire : Les comptes publics reconstitués transmis à la Cour des comptes)



Interrogé sur les manifestants qui se sont regroupés, la semaine dernière, devant son domicile de la rue Bliss à Beyrouth, l’accusant d’être un « voleur », il répond qu’il y avait parmi les protestataires « des éléments infiltrés, notamment des aounistes, qui tentent de faire dévier » le mouvement de contestation.

Et sur la crise actuelle, l’ancien Premier ministre ne mâche pas ses mots, estimant que la corruption s’est « intensifiée au cours des trois dernières années, avec le compromis présidentiel qui a consacré le partage du gâteau entre les formations politiques au pouvoir, alors que les mêmes partis présents au gouvernement contrôlent l’Assemblée ». Une situation qui a « balayé le régime démocratique bâti sur le principe de reddition des comptes », selon lui, et abouti à la vague de contestation actuelle.

Aujourd’hui, le pouvoir doit en priorité « éteindre l’incendie », dit-il, appelant les dirigeants à « tirer la leçon de ce qui s’est passé en Égypte, en Libye ou en Syrie, et tenter de regagner la confiance des gens ». Interrogé sur la situation actuelle du pays, il la compare à « un bus qui roule à tombeau ouvert sur une pente, sans freins et sans conducteur ».

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Honneur et Patrie

L'ancien Premier ministre Fouad Siniora compare le Liban d'aujourd'hui à un bus qui roule à tombeau ouvert sur une pente sans freins et sans conducteur.
Dawlat er-Rais Fouad Siniora feint d'ignorer que tout cela était prévu dans l'Entente de Mar-Mikhaél entre Hassan Nasrallah et Michel Aoun signée le 6/2/2006.

BOSS QUI BOSSE

On te crois sur parole, il est difficile de se débarrasser de SA NATURE.

DE SON NATUREL .

Cadige William

Meme pas la pudeur du silence.

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