Le député libanais Yassine Jaber. Photo d'archives OLJ
Le député Yassine Jaber, membre du groupe parlementaire du mouvement Amal du président du Parlement Nabih Berry, a annoncé lundi qu'il comptait demander "le retrait" de la loi d'amnistie générale de l'ordre du jour de la séance parlementaire de mardi, alors que cette loi a provoqué un tollé au cours des derniers jours.
Dans un communiqué publié lundi dans la journée, le député Yassine Jaber a souligné que la loi "a été préparée par la commission ministérielle ad hoc après que le Premier ministre sortant a inclus cette question dans sa liste de réformes présentée le 21 octobre". "Le cabinet ayant démissionné et ne pouvant donc pas émettre de décret, le texte a été envoyé par le gouvernement à l'administration du Parlement, avec plusieurs autres lois", a-t-il ajouté, précisant que lors de la réunion du bureau du Parlement mardi dernier, le texte a été ajouté à l'ordre du jour de la séance de mardi et signée par plusieurs députés".
"La loi d'amnistie générale ne concerne pas les crimes financiers et n'amnistie aucune personne jugée coupable de ce genre de crimes, passé ou futur", écrit encore le député Jaber, qui souligne que les personnes qui doivent défendre cette loi sont "les membres de la commission ministérielle qui l'ont rédigée".
Il a encore indiqué "ne pas être convaincu de cette loi". "Je vais demander qu'elle soit retirée de l'ordre du jour et renvoyée aux commissions parlementaires pour qu'elle soit étudiée de manière plus approfondie et précise", a-t-il conclu.
La loi d'amnistie générale est réclamée depuis des années, surtout par les proches des islamistes détenus depuis des années sans jugement. Toutefois, selon l'avocat Nizar Saghieh, ce texte de loi englobe les crimes d'abus de pouvoir, d'abus de fonctions, d'abus de bien sociaux, de négligence, ainsi que les crimes environnementaux, alors que les Libanais sont mobilisés, depuis 26 jours pour réclamer le départ de toute la classe dirigeante accusée de corruption et de clientélisme.
Outre le texte sur l’amnistie, le Parlement doit examiner mardi prochain plusieurs textes de loi, comme la création de tribunaux statuant en matière de crimes financiers, ainsi que deux autres textes portant sur l'assurance-vieillesse et la lutte contre la corruption. En vue de cette séance du Parlement, le mouvement de contestation a prévu des actions au centre-ville de Beyrouth.

