Les enseignants rassemblés devant la branche locale de la Banque de l’habitat. Photo Sarah Abdallah
À l’instar de plusieurs régions à travers le Liban, les manifestations estudiantines étaient impressionnantes hier à Zahlé. Beaucoup d’écoles privées et de lycées publics avaient fermé leurs portes sous la pression des jeunes. Certaines directions ont contacté des parents pour tenter d’obtenir leur aval en vue d’une reprise des études le matin, ce qui aurait limité les manifestations à la période de l’après-midi. Mais les parents étant majoritairement sympathisants de la révolte populaire qui a commencé le 17 octobre, ils ont rejeté cette suggestion et les établissements scolaires ont dû suspendre les cours.
Le sit-in central des élèves à Zahlé s’est déroulé hier devant le palais de justice, le sérail gouvernemental et la branche locale du ministère des Finances, en présence de nombreux enseignants et étudiants universitaires. Les jeunes venaient aussi des écoles de plusieurs localités environnantes comme Qab Élias ou Taanayel. Beaucoup d’élèves et d’étudiants se sont plaints de la cherté des frais de scolarité, soulignant que leurs parents pouvaient difficilement s’en acquitter. Un étudiant dans l’une des universités a précisé à L’OLJ que les sit-in se poursuivraient jusqu’à lundi, et qu’une réunion est prévue mardi avec la direction pour tenter d’aboutir à une baisse des scolarités.
Sarah, une élève, a exprimé son rejet des pots-de-vin et des pistons qui entachent l’administration officielle, et revendiqué le droit des jeunes à des emplois qui leur éviteraient de devoir émigrer. Sa camarade Jana a réaffirmé la nécessité de mettre un terme à la suprématie des tribunaux religieux discriminatoires à l’encontre des femmes. Mohammad, étudiant en marketing, a souligné l’importance de remédier au plus tôt à la situation économique désastreuse, niant que les élèves et les étudiants soient financés par des parties obscures, comme le veut la rumeur.
Parallèlement aux sit-in des élèves, plusieurs enseignants d’écoles techniques se sont rassemblés devant la Banque de l’habitat, demandant à être cadrés et à bénéficier des prestations de la Caisse nationale de Sécurité sociale. Soha, enseignante depuis 22 ans, a déploré que « le critère principal pour la signature d’un contrat avec un enseignant est le nombre de voix qu’il peut assurer aux élections ».
Les écoles des villages de Lala, Qaraoun et Marj (Békaa-Ouest) étaient également fermées hier, suite à des sit-in dans les cours intérieures des établissements.

