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Moyen Orient et Monde

L’Iran a repris l’enrichissement d’uranium dans son usine de Fordo

Nucléaire

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique retire l’accréditation d’une inspectrice de l’AIEA.

OLJ
08/11/2019

L’Iran a relancé hier des activités d’enrichissement d’uranium dans son usine souterraine de Fordo, conformément à sa décision de réduire encore davantage ses engagements internationaux concernant son programme nucléaire.

« Dans les premières minutes de la journée de jeudi (...), la production et la collecte d’uranium enrichi (ont démarré) dans les installations de Fordo », à environ 180 km au sud de Téhéran, a indiqué l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). « Toutes ces activités ont été réalisées sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique » (AIEA), ce qu’une source proche de cet organe de l’ONU chargé du contrôle du programme iranien a confirmé.

L’OIEA a en revanche annoncé avoir retiré l’accréditation d’une inspectrice de l’AIEA pour un incident « la semaine dernière » lors d’un « contrôle » à l’entrée de l’usine de Natanz (centre).

La reprise des activités de Fordo, gelées en vertu de l’accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, avait été annoncée mardi par le président Hassan Rohani, au lendemain de l’expiration d’un délai donné par Téhéran aux États encore parties au texte (Chine, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne), pour qu’ils l’aident à surmonter les conséquences du retrait américain de ce pacte en 2018. La mesure marque la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens lancé en mai en riposte à ce retrait, qui a été assorti du rétablissement de sanctions américaines ayant plongé l’économie iranienne dans une sévère récession.

Provocation scandaleuse

Le porte-parole de l’OIEA Behrouz Kamalvandi a indiqué que les centrifugeuses de Fordo allaient monter progressivement en puissance jusqu’à produire, à partir de samedi matin, de l’uranium enrichi à hauteur de 4,5 % en isotope 235 – le taux maximum d’enrichissement auquel l’Iran se limite depuis juillet.

Ce taux reste en deçà de l’enrichissement à 20 % que l’Iran a un temps pratiqué, et très loin des 90 % nécessaires pour envisager la fabrication d’une bombe atomique.

Aux termes de l’accord de Vienne, Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires – afin de garantir leur nature exclusivement civile – en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient déjà à l’époque son économie.

L’accord interdit à la République islamique de mener des activités d’enrichissement d’uranium à Fordo, usine souterraine longtemps tenue secrète. Le texte interdit également à l’Iran d’enrichir l’uranium en isotopes 235 à plus de 3,67 %.

L’AIEA a jugé hier « inacceptable » l’attitude de l’Iran avec son inspectrice. Lors d’une réunion spéciale, à Vienne, du conseil des gouverneurs de l’agence consacrée à l’Iran, l’Union européenne a indiqué que ses États membres étaient « très préoccupés » par cet incident. Appelant « l’Iran à s’assurer que les inspecteurs de l’AIEA puissent remplir » leur mission, l’UE a néanmoins semblé considérer que l’incident était clos. À l’inverse, la mission américaine auprès de l’AIEA a estimé qu’il s’agissait d’une « provocation scandaleuse ».

Mais dans une déclaration à la presse, l’ambassadeur iranien auprès de l’AIEA, Gharib Abadi, a indiqué que l’inspectrice au cœur de l’incident était soupçonnée d’avoir cherché à introduire une substance explosive à base de nitrate dans l’usine.

« L’Iran attend de l’agence qu’elle coopère de manière appropriée et autant que nécessaire » pour faire la lumière sur l’incident, a-t-il dit, ajoutant que l’inspectrice n’avait « pas été détenue » et que l’Iran avait même facilité son départ.

« Chantage nucléaire »

À Washington, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a appelé « toutes les nations (à) rejeter le chantage nucléaire » de l’Iran et à « prendre des mesures sévères pour augmenter la pression » sur la République islamique après le redémarrage des centrifugeuses de Fordo.

Depuis mardi, Paris, Londres, Berlin et l’Union européenne (UE) ont appelé Téhéran à revenir sur sa décision. Téhéran affirme être prêt à revenir à l’application complète de ses engagements dès lors que les autres parties respecteront les leurs, en prenant des mesures concrètes lui permettant de contourner les effets des sanctions économiques américaines.

L’Iran exige surtout de pouvoir exporter son pétrole autant qu’il le souhaite et que son système financier cesse d’être isolé du reste du monde à cause des sanctions.

À Pékin mercredi, le président français Emmanuel Macron a jugé que l’Iran avait « décidé de sortir du cadre » de l’accord de Vienne, « pour la première fois de manière explicite et (...) non limitée ». C’est « un changement profond, a ajouté M. Macron. J’aurai des discussions dans les prochains jours, également avec les Iraniens, et nous devons collectivement en tirer les conséquences ».

Source : AFP

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