Les évêques maronites réunis à Bkerké sous la présidence du patriarche Béchara Raï, le 30 octobre 2019 pour leur session mensuelle. Photo ANI
Les évêques maronites ont appelé mercredi les responsables libanais à se rassembler autour du chef de l’État Michel Aoun et à le soutenir, au lendemain de la démission du gouvernement du Premier ministre Saad Hariri sous la pression inédite de la rue, restée mobilisée pendant treize jours consécutifs.
A l'issue de leur réunion mensuelle à Bkerké, sous la présidence du chef de l’Église maronite Béchara Raï, les évêques ont exprimé l'espoir que "les Libanais saisiront la démission du gouvernement avec un esprit positif et constructif", appelant "les responsables à se rassembler autour du président de la République, afin d'accélérer l'application des mesures constitutionnelles pour aller de l'avant après la démission". Les prélats ont également appelé "les citoyens à faire preuve de sagesse durant leurs mouvements afin que leurs manifestations ne paralysent pas l'activité dans le pays".
Malgré la volonté de certains manifestants de tenir leurs positions sur les différentes routes à travers le Liban, de nombreux axes ont été rouverts à la circulation depuis les premières heures de la quatorzième journée du mouvement de contestation. Ce déblocage des routes intervient au lendemain de l'annonce de la démission du Premier ministre Saad Hariri, qui était réclamée avec la chute de tout le régime politique par les dizaines de milliers de manifestants descendus dans les rues depuis le 17 octobre.
La révolte populaire libanaise a été déclenchée le 17 octobre par l'annonce surprise d'une taxe sur les appels via les messageries instantanées comme WhatsApp. Cette mesure a été vite annulée mais la colère ne s'est pas apaisée contre la classe dirigeante, jugée incompétente et corrompue dans un pays qui manque d'électricité, d'eau ou de services médicaux de base trente ans après la fin de la guerre civile (1975-1990).

