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Agenda - Communiqué De Presse

Une politique contra-cyclique pour résoudre la crise économique et sociale

Contrairement à l’opinion commune, la situation actuelle au Liban exige une diminution des impôts et une augmentation des dépenses publiques.

En effet, en période de récession, l’augmentation des impôts et la diminution des dépenses publiques ne peut aboutir qu’à une augmentation de la récession et par conséquent à l’accroissement du déficit public.

Le Liban dispose des ressources et de la capacité nécessaires lui permettant de surmonter cette profonde crise financière et économique grâce à une politique contra-cyclique, dont les mesures sont décrites ci-dessous. Certaines d’entre elles ont un effet immédiat et d’autres pourraient prendre plus de temps, entre six mois et un an.

A– Diminution des taxes

Les taxes sur les salaires seraient réduites en relevant le plancher au-dessous duquel aucune taxe n’est due.

L’impôt sur le revenu serait réduit à 10 % pour les entreprises. Cette diminution aurait probablement peu d’incidence sur les recettes de l’État pour 2019 et 2020 car les bénéfices des entreprises devraient être extrêmement faibles en 2019 et 2020. Mais une telle mesure devrait encourager les entreprises et leur redonner confiance.

Le montant alloué ne doit pas dépasser 2 milliards de dollars.

B– Augmentation des dépenses publiques

- Améliorer l’éducation et l’accès aux universités grâce à des prêts aux étudiants ;

- Subventionner les écoles privées ;

- Mettre en place une meilleure couverture des retraites et de l’assurance maladie, en particulier pour les citoyens âgés ;

- Réduire le prix des billets pour renforcer l’industrie du tourisme.

Le montant alloué ne doit pas dépasser 3 milliards USD.

C– Mesures de financement

Il est à noter que 53,9 % de la dette totale est détenue par la Banque centrale et les banques commerciales. Un délai de grâce de 2 ans sur la dette et un décalage de 2 ans sur les remboursements et paiements des intérêts éviteraient un défaut et dégageraient près de 8 milliards de dollars sur deux ans.

Vendre une grande partie des biens immobiliers du gouvernement pour une période de 10 ans. En pratique, le gouvernement vendrait ces propriétés, les louerait immédiatement à l’acheteur et les rachèterait après une période de 10 ans. Cette mesure fournirait un nouveau flux de trésorerie. À noter que cela a été appliqué aux États-Unis pour réduire la dette du gouvernement américain. Ces ventes pourraient rapporter une estimation de 2 milliards de dollars chaque année pour les trois prochaines années.

Signer des concessions périodiques pour la gestion des ports (2) et de l’aéroport ainsi que pour le Casino du Liban. La concession périodique réduirait les dépenses du gouvernement et générerait des revenus provenant des concessions. Les économies et les revenus pourraient fournir un financement de 0,50 milliard USD.

La privatisation partielle (jusqu’à 30 %) de l’industrie des télécommunications accélérerait les innovations et permettrait de mieux contrôler les dépenses du fait de l’existence d’un conseil d’administration semi-public. Cette mesure pourrait fournir un montant estimé entre 2 et 3 milliards USD.

Aujourd’hui, la MEA est détenue à 99,37 % par la Banque centrale du Liban. L’année dernière, elle a enregistré un bénéfice net d’environ 80 millions de dollars et nous pourrions donc l’évaluer à 960 millions de dollars (12 fois le bénéfice). Désinvestir partiellement (30 %) et ouvrir le secteur dégageraient un montant estimé à 0,30 milliard de dollars et réduiraient le coût du transport aérien.

La liste de mesures ci-dessus pourrait être beaucoup plus longue, mais nous l’avons limitée aux plus évidentes, pouvant être autofinancées, mettre le pays sur la voie de la croissance et, surtout, donner aux citoyens démunis les moyens de vivre décemment dans notre pays. On peut souligner que nous n’avons pas pris en compte les revenus supplémentaires induits par la découverte de pétrole et de gaz et les 11 milliards USD de CEDRE pouvant être déployés dans des industries productives.

Myrna SABBAGH –

Riad OBEGI –

Claude KHAYAT

Contrairement à l’opinion commune, la situation actuelle au Liban exige une diminution des impôts et une augmentation des dépenses publiques.En effet, en période de récession, l’augmentation des impôts et la diminution des dépenses publiques ne peut aboutir qu’à une augmentation de la récession et par conséquent à l’accroissement du déficit public.Le Liban dispose des ressources et de la capacité nécessaires lui permettant de surmonter cette profonde crise financière et économique grâce à une politique contra-cyclique, dont les mesures sont décrites ci-dessous. Certaines d’entre elles ont un effet immédiat et d’autres pourraient prendre plus de temps, entre six mois et un an.A– Diminution des taxesLes taxes sur les salaires seraient réduites en relevant le plancher au-dessous duquel aucune taxe n’est...