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Conflit

Syriens et Russes accélèrent leur déploiement à la frontière syro-turque

Selon Moscou, près de 300 militaires russes basés en Tchétchénie ont été envoyés en renfort dans le nord-est de la Syrie.

Des forces syriennes hier aux alentours de Qamichli. Photo AFP

Le régime syrien et son allié russe ont accéléré hier le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, au moment où les Américains ont annoncé l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l’est, sous contrôle kurde. Un long convoi de transports de troupes, avec à bord des centaines de soldats agitant des drapeaux syriens, a fait son entrée dans la ville de Kobané, à l’extrême nord du pays en guerre depuis 2011. Ils ont paradé dans les rues en chantant : « Un, un, un, le peuple syrien n’est qu’un ! »

Près de la ville à majorité kurde de Qamichli, dans le Nord-Est, des véhicules blindés arborant des drapeaux russes ont quitté une base du régime syrien en direction de l’ouest pour une nouvelle journée de patrouilles près de la frontière turque, conformément à un accord conclu entre Moscou et Ankara. Conclu pour permettre un arrêt définitif d’une offensive turque contre les forces kurdes, l’accord s’est traduit par l’abandon de positions tenues depuis des années par les Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les combattants kurdes). Il signe aussi la fin du rêve d’autonomie des Kurdes syriens dans cette région frontalière de la Turquie.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), environ 180 véhicules de l’armée du président syrien Bachar el-Assad sont arrivés hier à Kobané. L’OSDH a par ailleurs fait état hier d’affrontements sporadiques dans la zone sous contrôle turc, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 octobre entre les FDS et les forces d’Ankara. Une attaque de drone turc a blessé cinq membres d’une même famille dans leur voiture près de la ville de Aïn Issa.

Soldats russes venus de Tchétchénie

Selon Moscou, près de 300 militaires russes basés en Tchétchénie ont été envoyés en renfort dans le nord-est de la Syrie. Ils appuieront les troupes russes déjà présentes sur le territoire, Moscou prêtant main-forte depuis 2015 à Assad, son allié, dans la guerre. Ces renforts seront déployés dans la zone de 30 km de large à la frontière syro-turque définie par l’accord russo-turc sur le retrait des forces kurdes. Selon l’armée russe, 20 véhicules blindés supplémentaires ont été envoyés en Syrie.

L’offensive turque avait été déclenchée le 9 octobre après un feu vert de facto du président américain Donald Trump qui avait alors spectaculairement lâché les FDS, forces qui avaient été déterminantes pour vaincre sur le terrain le groupe jihadiste État islamique (EI). Washington, largement critiqué par les capitales occidentales à propos de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie, où les Kurdes assuraient la garde de camps de détenus de l’EI, a reconnu que plus de 100 prisonniers du groupe jihadiste s’étaient échappés depuis le lancement de l’opération turque.

Sur un autre plan, le gouvernement syrien « a peur » du comité constitutionnel chargé par l’ONU de réviser sa Constitution et se prépare à faire échouer sa mission, qui doit débuter la semaine prochaine à Genève, a déclaré hier un représentant américain. Après de longs mois de tractations, l’ONU a réussi à former ce comité de 150 membres représentant à parts égales le régime de Damas, l’opposition et la société civile syriennes.

Ce comité doit réviser la Constitution et ouvrir la voie à des élections afin de mettre fin à une guerre qui a fait plus de 370 000 morts depuis 2011. Mais pour le gouvernement syrien, il est hors de question de rédiger une nouvelle Constitution. De passage à Genève en prévision de la première réunion du comité, l’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, James Jeffrey, a déclaré aux journalistes que le régime du président Bachar el-Assad s’efforçait activement de faire dérailler ce processus. « Le volume d’efforts que le gouvernement syrien a déployé pour l’empêcher d’avoir lieu est pour nous un bon indicateur que le gouvernement a peur que cette assemblée, avec l’impulsion politique qu’elle va donner, aille à l’encontre de son désir de parvenir à une victoire militaire totale », a-t-il dit. « Nous sommes bien conscients des mesures qu’ils essaient de prendre pour la rendre aussi inefficace que possible », a-t-il ajouté.

Source : AFP


Le régime syrien et son allié russe ont accéléré hier le déploiement de leurs troupes à la frontière syro-turque, au moment où les Américains ont annoncé l’envoi de renforts militaires dans une zone pétrolière plus à l’est, sous contrôle kurde. Un long convoi de transports de troupes, avec à bord des centaines de soldats agitant des drapeaux syriens, a fait son entrée dans...

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