Une vue du match de présaison qui a opposé les New Orleans Pelicans aux New York Knicks au Madison Square Garden, à New York, le 18 octobre. Andy Marlin/« USA Today Sports »/Reuters
Quatre mois après le sacre inédit de Toronto, les sérieux prétendants à sa succession sur le trône de la NBA ont rarement été si nombreux et se concentrent encore à l’Ouest, à l’image du duel de Los Angeles, Clippers vs Lakers, qui a ouvert la saison hier soir aux États-Unis (ce matin à l’aube à Beyrouth).
Le premier épisode de la rivalité annoncée entre Kawhi Leonard et Paul George, d’un côté, et LeBron James et Anthony Davis, de l’autre, est très attendu, mais ce sont des anonymes qui pourraient finir par attirer l’attention aux abords du Staples Center. Des partisans des manifestants de Hong Kong s’y sont en effet donné rendez-vous sur les réseaux sociaux, quatre jours après que plusieurs centaines d’autres militants se sont invités à un match de présaison entre Brooklyn et Toronto. La perspective de voir affluer d’autres tee-shirts noirs portant l’inscription « Stand with Hong Kong » (« soutien à Hong Kong ») s’inscrit dans la crise politique qui sévit depuis deux semaines entre la Chine et la NBA, née d’un tweet polémique du directeur général des Houston Rockets, Daryl Morey, en soutien aux manifestants de Hong Kong. Malgré les menaces de « châtiment » proférées à l’encontre de son patron Adam Silver, qui a refusé de s’excuser et de sanctionner Morey, et les conséquences financières fâcheuses de ce schisme, la NBA espère que l’attention médiatique va enfin se porter sur le basket.
Le premier match Clippers-Lakers devrait aider, avec trois superstars attendues sur le parquet, LeBron James, Anthony Davis, Kawhi Leonard (Paul George soigne ses épaules), pour donner les tout premiers enseignements d’une saison palpitante qui voit Los Angeles se replacer parmi les grands favoris pour le titre, non pas avec une, mais deux équipes. Outre Davis, avec lequel les automatismes sont déjà visibles, James a enregistré les renforts de Dwight Howard et Danny Green, qui sait comment on gagne des bagues de champion (avec San Antonio en 2014 et Toronto en 2019). « Je ne suis pas en mode parlotte », a prévenu James, bien décidé à 35 ans à jouer une dixième finale pour empocher un quatrième titre (deux avec Miami, un avec Cleveland). Comme Green, mais aussi Leonard, il peut rejoindre Robert Horry et John Salley dans le cercle fermé des joueurs champions avec trois clubs différents. Sur son chemin, se dresseront des Clippers qui rêvent enfin d’exister et s’en sont donné les moyens. Autour de leurs deux All-Stars, Doc Rivers a une équipe de guerriers (Harrel, Williams, Beverley) qui ont arraché les play-offs lors du dernier exercice.
La concurrence sera aussi texane, puisque Houston a fait le pari de recruter Russell Westbrook pour aider James Harden à ramener un titre aux Rockets, en disette depuis 1995. Deux MVP (meilleur joueur, 2017 et 2018) mangeurs de ballons et obsessionnels du tir suffiront-ils ? Harden est persuadé que le duo qu’il formait avec Westbrook à Oklahoma entre 2009 et 2012 va à nouveau fonctionner. « Quand on est aussi bon au basket, on rentre sur le terrain et on met les paniers. C’est ce qui va se passer, ça va être facile », a promis le barbu aux 36,1 points de moyenne la saison passée. La réception demain jeudi d’un des favoris pour le titre, Milwaukee, aura valeur de test sur fond de duel avec Giannis Antetokounmpo, qui lui a ravi son trophée de MVP.
Quid des Warriors ?
Les Golden State Warriors, trois fois champions (2015, 2017 et 2018), ont vu leur suprématie vaciller en juin dernier en cédant en finale contre Toronto. D’autant que Kevin Durant, victime d’une rupture à un tendon d’Achille, est passé à l’Est, à Brooklyn. Quant à Klay Thompson, il soigne une rupture d’un ligament croisé et espère revenir fin février. « Le titre reste notre objectif », assure pourtant la star esseulée Stephen Curry, « au top physiquement et mentalement », selon son entraîneur Steve Kerr. Demain, la réception des Clippers, dans leur nouvelle salle de San Francisco à 1,4 milliard de dollars, devrait permettre de le vérifier.
Derrière à l’Ouest, la concurrence fourbit ses armes, et à force de s’en rapprocher, Denver, Portland et Utah, portés par des duos talentueux (Jokic/Murray, Lillard/McCollum, Gobert/Mitchell), pourraient toucher au but. À l’Est, outre les Milwaukee Bucks, il faudra compter sur Brooklyn, qui a également attiré le meneur star Kyrie Irving, et Philadelphia, porté par Joel Embiid et Ben Simmons, désormais soutenus par Al Horford.
En décembre, enfin, deux matches auront lieu au Mexique et un autre à Paris en janvier, entre Charlotte et Milwaukee. Preuve que la stratégie de mondialisation de la NBA ne s’arrête pas à la Chine.
Source : AFP


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