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Un influent blogueur enlevé en Irak

AFP
17/10/2019

Un influent blogueur irakien a été enlevé à son domicile jeudi par des hommes en uniforme et armés, ont annoncé des proches à l'AFP, sur fond de campagne d'intimidation menée à la suite d'un mouvement de contestation sanglant.

Les hommes armés n'ont pas été identifiés et n'ont pas présenté d'ordre légal, mais de nombreuses personnalités font porter la responsabilité de l'enlèvement de Chojaa al-Khafaji à l'Etat. Les autorités n'ont jusqu'ici pas commenté cette arrestation, ni confirmé ou infirmé un lien entre les ravisseurs et les forces gouvernementales.

M. Khafaji, dont la page Facebook "al-Khouwa al-nadhifa" ("Ceux qui ont les mains propres", en français) diffuse des informations locales sur des sujets politiques ou sociaux et compte plus de 2,5 millions d'abonnés en Irak.

Le blogueur avait déjà fait l'objet de cyberharcèlement le mois dernier après des attaques des bases militaires du puissant Hachd al-Chaabi, une coalition de groupes armés dominée par les milices chiites pro-Iran.

"Jeudi, à 5H30 du matin, un groupe d'hommes habillés comme des forces spéciales sont entrés chez lui par la force et l'ont emmené en direction de la prison de l'aéroport d'al-Mouthanna", dans le centre de Bagdad, a rapporté à l'AFP un de ses proches, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat.

Au cours de manifestations antigouvernementales sanglantes du 1er au 6 octobre --faisant 110 morts, en majorité des manifestants--, des hommes portant les mêmes uniformes sans aucun sigle d'une quelconque force ou unité ont pénétré dans plusieurs locaux de chaînes de télévision à Bagdad, détruisant les équipements et intimidant les employés.

Depuis, de nombreux militants et journalistes ont affirmé avoir fait l'objet de menaces, proférées le plus souvent par téléphone par des interlocuteurs qui ne déclinent pas leur identité et qui leur reprochent d'avoir "pris le parti des manifestants".

Les autorités assurent enquêter pour faire la lumière sur ces événements mais de nombreuses voix en Irak accusent l'Etat d'être impliqué dans cette campagne.

L'influent leader chiite Moqtada Sadr, qui réclame la démission du gouvernement, a estimé sur Twitter "que toute agression (contre militants ou journalistes) de la part de l'Etat constitue une attaque à la liberté de parole". "Impossible de faire taire les médias libres (...) faites rendre des comptes aux agresseurs", a-t-il écrit.

De son côté, le blogueur en vue Ali Wajih a dénoncé sur Twitter "une autoroute vers une nouvelle république de la peur", évoquant la disparition de M. Khafaji et assurant être également sans nouvelle d'un autre militant, Maytham al-Helou. "Je ne sais pas où l'Etat veut en venir avec ce genre de messages surtout quand il assure au même moment ne pas viser les blogueurs, les journalistes et les militants!", poursuit-il.

Sur la page "al-Khouwa al-nadhifa", l'équipe de M. Khafaji affirme qu'il "a été suivi, que tous les téléphones et ordinateurs à son domicile ont été saisis, de même que les caméras de surveillance, avant d'être emmené sous la menace d'une arme, et cela sous le regard des forces de l'ordre".

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