Le président américain, Donald Trump, hier, à Washington. Kevin Lamarque/Reuters
Les créations d’emplois aux États-Unis sont restées solides en septembre et le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 1969, une très bonne nouvelle pour le président Donald Trump fragilisé par une procédure de destitution.
Le taux de chômage a reculé à 3,5 %, un plus bas depuis un demi-siècle, et l’économie américaine a encore créé 136 000 emplois le mois dernier. C’est moins que ne l’espéraient les analystes, mais le marché de l’emploi s’est révélé bien plus robuste qu’initialement estimé au mois d’août et en juillet. Cette conjonction fait dire à certains économistes que la première économie du monde se trouve dans la « zone Boucle d’or », ni trop chaude ni trop froide, et que les craintes d’une récession à court terme étaient infondées.
Le président a immédiatement cherché à tirer un avantage politique de la bonne nouvelle sur le thème : Pourquoi destituer un président qui fait si bien ? « Wouah, l’Amérique destitue ton président (même s’il n’a rien fait de répréhensible !) », a ironisé Donald Trump sur son compte Twitter.
« Le rapport sur l’emploi de septembre n’est pas une consolation pour les millions d’Américains qui subissent les conséquences de plus en plus grandes du programme d’intérêt particulier du président, qui continue de mettre en péril leur santé et leur sécurité économique », a réagi Nancy Pelosi, la chef des démocrates au Congrès, qui a mis un coup d’accélérateur hier à l’enquête visant à destituer le milliardaire républicain.
Le taux de chômage s’est durablement installé sous la barre des 4 % cette année. Et nombre d’Américains, qui n’étaient tout simplement plus dans les statistiques parce que découragés de trouver un travail après la crise financière, sont revenus ces derniers mois sur le marché de l’emploi.
Ce rapport de septembre était très attendu car il s’agit du dernier avant la réunion de la banque centrale américaine des 29 et 30 octobre qui doit décider d’abaisser ou de laisser inchangés les taux d’intérêt. Ces derniers mois, le président de la Fed Jerome Powell a relevé que le marché de l’emploi et la consommation des ménages étaient les deux points forts de l’économie américaine.
Incertitude
Et alors que la guerre commerciale menée par l’administration Trump contre la Chine commence à affecter l’économie américaine, le maintien d’un marché de l’emploi solide permet d’immuniser en partie l’activité contre un retournement de la conjoncture. À une semaine des reprises des pourparlers à Washington avec les négociateurs chinois, Donald Trump a repris son leitmotiv hier : il veut « un bon accord » ou pas du tout. « La Chine veut vraiment un accord » car les tarifs douaniers imposés par Washington sont en train de tuer son économie.
À Wall Street, on s’attend à une nouvelle baisse des taux pour la troisième fois cette année en raison du ralentissement économique. D’autant que l’incertitude créée par les tensions commerciales décourage les investisseurs et mine la confiance des consommateurs, moteur traditionnel de la croissance.
Source : AFP


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