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Moyen Orient et Monde - Nucléaire

Khamenei appelle à déroger encore à l’accord de 2015

L’ayatollah Khamenei lors d’une réunion avec des officiers du corps des gardiens de la révolution à Téhéran, hier. Photo AFP/HO/Khamenei.ir

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a prévenu hier que la République islamique continuerait à renoncer à une partie des engagements pris dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 jusqu’à obtenir « le résultat désiré ».

En réplique au retrait, en mai 2018, des États-Unis de l’accord de Vienne négocié également avec la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, le régime iranien s’est déjà soustrait à plusieurs dispositions. Il s’est notamment affranchi du plafond limitant ses stocks d’uranium et de la limitation du taux d’enrichissement de son uranium. « Nous allons continuer à réduire nos engagements et nous devons le faire avec le plus grand sérieux », a déclaré l’ayatollah Khamenei lors d’une réunion avec des officiers du corps des gardiens de la révolution. « La responsabilité en incombe à l’Organisation de l’énergie atomique, elle doit mettre en œuvre la réduction des engagements (...) d’une manière précise et complète et continuer ainsi jusqu’à ce que nous obtenions le résultat désiré », a-t-il déclaré, selon des propos rapportés sur son site internet.Ces déclarations interviennent alors que les parties européennes à l’accord de 2015 s’efforcent de favoriser une reprise du dialogue entre Téhéran et Washington.

Ainsi, a-t-on appris mardi de plusieurs sources que le président français Emmanuel Macron avait tenté jusqu’à la dernière minute, mais en vain, d’organiser un échange téléphonique entre Donald Trump et Hassan Rohani en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. Selon une source diplomatique française, le président iranien a décliné l’appel car « il n’avait pas suffisamment d’assurance à Téhéran pour pouvoir le prendre ». Le guide suprême iranien est le véritable détenteur du pouvoir en Iran. « L’occasion n’a pas été saisie à cause de la politique interne iranienne – et américaine – mais je dirais plus à cause des Iraniens », abonde une autre source diplomatique.

En tout état de cause, Hassan Rohani a confirmé hier, lors d’une réunion de son cabinet retransmise en direct sur la télévision nationale, son accord avec le plan français soumis à l’Iran et aux États-Unis en vue d’une désescalade. Les deux parties seraient d’accord sur quatre points, indique-t-on de source française.

« L’Iran doit revenir en conformité avec ses engagements au titre du JCPOA (l’accord de juillet 2015) et accepter des négociations sur un cadre de long terme à ses activités militaires. » Il « doit mettre un terme à sa politique agressive dans la région » et obtiendrait en contrepartie « la levée des sanctions américaines et pourrait disposer de ses revenus pétroliers ».

Hassan Rohani a jugé hier que des modifications devaient être apportées à la formulation du plan et a déploré les « messages brouillés » de la partie américaine. « Le président américain, par deux fois, lors de son discours à l’ONU et à une autre occasion, a dit explicitement qu’il voulait durcir les sanctions. J’ai dit à nos amis européens : “Que doit-on entendre ? Vos déclarations selon lesquelles l’Amérique est prête (à négocier) ? Ou celles du président américain qui en l’espace de 24 heures a dit deux fois qu’il durcirait les sanctions ?” »,

a rapporté Hassan Rohani. « Ils (les Européens) n’avaient pas une réponse claire à ce sujet », a-t-il précisé.

Riyad dément

Sur un autre plan, le ministre saoudien des Affaires étrangères a déclaré hier que le communiqué lundi du porte-parole du gouvernement iranien selon lequel l’Arabie saoudite a fait parvenir des messages au président iranien Hassan Rohani par l’intermédiaire de pays étrangers est « inexact ». En réalité, a écrit Adel al-Jubeir sur Twitter, « des nations sœurs ont cherché à calmer la situation, et nous leur avons dit que la position du royaume était toujours d’aspirer à la sécurité et la stabilité dans la région ». L’Arabie saoudite accuse l’Iran d’être à l’origine des attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes le 14 septembre, ce que Téhéran rejette.Le prince héritier Mohammad ben Salmane a dit, dans un entretien diffusé dimanche par la chaîne américaine CBS dans son émission « 60 minutes », privilégier une solution politique plutôt que militaire au conflit qui oppose Riyad et Téhéran.

« Une désescalade doit venir du camp qui propage le chaos par le biais d’actions hostiles dans la région », a ajouté Jubeir. « Nous avons communiqué notre position à l’égard du régime iranien, que nous énonçons toujours clairement, comme dernièrement lors de l’Assemblée générale des Nations unies. »

Sources : agences

L’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême iranien, a prévenu hier que la République islamique continuerait à renoncer à une partie des engagements pris dans le cadre de l’accord nucléaire de 2015 jusqu’à obtenir « le résultat désiré ». En réplique au retrait, en mai 2018, des États-Unis de l’accord de Vienne négocié également avec la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, le régime iranien s’est déjà soustrait à plusieurs dispositions. Il s’est notamment affranchi du plafond limitant ses stocks d’uranium et de la limitation du taux d’enrichissement de son uranium. « Nous allons continuer à réduire nos engagements et nous devons le faire avec le plus grand sérieux », a déclaré l’ayatollah Khamenei lors d’une réunion avec des officiers du corps...
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