Souvenons-nous de sa fière décision de sortir de la salle du Conseil européen à Bruxelles pour refuser d’entendre son compatriote Ernest-Antoine Seillière prononcer un discours en anglais en mars 2006. « Face à tous ces efforts que nous faisons constamment, notamment au sein de l’Union, en raison des difficultés qu’il y a à maintenir la place de chacune (des langues européennes), je dois dire que j’ai été profondément choqué de voir un Français s’exprimer à la table du Conseil en anglais. C’est la raison pour laquelle la délégation française et moi-même sommes sortis plutôt que d’avoir à écouter cela », avait expliqué le président français. « On ne va pas fonder le monde de demain sur une seule langue et donc une seule culture, ce serait une régression dramatique. Nous nous battons pour notre langue, (mais) ce n’est pas seulement l’intérêt national, c’est l’intérêt de la culture, c’est l’intérêt du dialogue des cultures », avait-il ajouté. Vous imaginez le président Macron parler ainsi, lui qui ne manque jamais une occasion de s’exprimer en anglais pour bien paraître ?
C’était un petit geste de désapprobation en apparence, mais important à mon sens, car posé par la plus haute personnalité politique du monde francophone, qui donnait la ligne à suivre dans les rencontres internationales. En tout cas, son message avait été reçu cinq sur cinq au Québec, où nous devons lutter pied à pied pour préserver ce qui nous caractérise.
La fascination qu’exerce l’anglais sur nombre de locuteurs francophones européens ne laisse pas de surprendre. Quand de bienveillants anthropologues s’occuperont de protéger le français, comme certains le font actuellement pour le boro, il sera trop tard.
Sylvio LE BLANC
Montréal, Québec
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