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La Dernière

D’un automne à l’autre

Un peu plus
21/09/2019

Il y a deux moments où l’heure des bilans s’impose. Janvier, quand la nouvelle année arrive, pleine de promesses. Septembre et sa rentrée scolaire qui annonce un nouveau cursus. Conditionnés par 15 ans d’école et quelques-unes supplémentaires à la fac, on sait qu’à la fin de l’été, on commence une période. Résolutions, conclusions, nouveaux départs. On revient en arrière pour voir ce qui s’est passé durant ces derniers 365 jours. Souvent, force est de constater que rien n’a vraiment changé. Que l’année qui s’est écoulée n’a pas vraiment été riche en événements, en changements. Qu’elle ressemble étrangement à celle d’avant. Sans remous, sans grande évolution.

Mais parfois, tout est chamboulé. Des bonnes, des mauvaises surprises. Un départ, une rupture, une démission, un enfant, une rencontre, un changement de cap, un décès, une maladie, une dispute, des déceptions. Et parfois, tout en même temps. Une année remplie de rebondissements heureux, malheureux, décevants ou grisants. Et dire qu’on pensait que la vie était un long fleuve tranquille, alors que souvent, c’est un torrent qui se déchaîne.

Un an. En l’espace d’un an, quand on regarde en arrière, tout a changé. De septembre à septembre, plus rien n’est pareil. L’homme/la femme qu’on avait rencontré(e) et dont on pensait qu’il/elle serait pour un bon moment dans notre vie a tout simplement disparu. Finalement, ce n’était que du vent. Un souvenir dont on se souvient à peine, comme le vent qui caresse le visage pendant quelques secondes. L’homme/la femme qu’on a rencontré(e) est devenu(e) partie prenante de notre existence, rentrant par la petite porte, sans faire de bruit. S’installant avec grâce dans notre quotidien et là, quelques mois plus tard. À sa façon. De septembre à septembre, nos lieux de vie ont changé. On a déménagé, changé de quartier, d’immeuble. On a pris plus grand, plus beau. On a emménagé à deux. On a quitté notre boulot, intégré un open space plus convivial, s’imposant de nouveaux challenges, une nouvelle feuille de route. On a rencontré des collègues plus jeunes avec un autre mode de vie, une autre façon de penser. On a perdu une partie de notre salaire, voire notre job.

De septembre à septembre, on a voyagé six fois. On a visité Madrid, la Sicile, revu Paris et Londres. Plongé dans les eaux turquoise de Turquie. Là-bas, on est tombé amoureux. On s’est engagé, fiancé, marié. On est parti à la découverte d’un autre pays où l’on s’est installé. On a eu un enfant, devenant parent pour la première fois et on a compris à cet instant-là que plus rien ne serait jamais pareil. Que les saisons ne se ressembleraient plus, qu’elles seraient rythmées par les anniversaires, les premières dents, les premiers pas, la première rentrée scolaire, les premières amours, les premiers chagrins. Ce chagrin qu’on rencontrera quand, entre septembre et septembre, on aura perdu quelqu’un. Lors d’une rupture, d’une dispute, d’un divorce, d’une mort. Et on saura que plus rien ne sera comme avant. Que les choses auront changé. Que la vie commence à nous jouer des tours, qu’elle va être de plus en plus difficile. Que la maladie rôdera, que les pertes se succéderont. Mais que la vie l’emportera comme toujours. Que de septembre à septembre, les jours seront tour à tour sombres et clairs, heureux et tristes. Que notre corps sera mis à l’épreuve, que notre cœur le sera aussi. Qu’on se fera nouveau. Que d’un automne à l’autre, on choisira d’autres chemins, d’autres voies. Qu’on aura encore et encore de nouveaux projets. Qu’on prendra des décisions. Qu’on décidera de chambouler octobre, décembre et juin. Et que le mois de septembre d’après, on ne sera plus au même endroit et que c’est ainsi qu’on réalisera que parfois il est nécessaire que le temps passe, qu’il fasse son travail. Pour qu’on puisse faire le nôtre.

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Amère Ri(s)que et péril.

Une douce brise vient de nous caresser le visage et les cheveux au vent , dans ce cycle mortifère qui roule sur nos rides de plus en plus profondes .

Un Septembre appelle toujours un autre Septembre , jusqu'au jour où on ne lèvera plus le doigt pour répondre " présent" .

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