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Économie

Hiroto Saikawa, DG de Nissan et fossoyeur de Ghosn, démissionne

Automobile
OLJ
10/09/2019

Le directeur général exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, va démissionner le 16 septembre, a annoncé hier le groupe qui vit un nouvel épisode de sa profonde crise depuis l’arrestation et l’éviction de Carlos Ghosn. Fossoyeur de son maître Carlos Ghosn, M. Saikawa a été rattrapé par un scandale de prime indûment perçue.

L’actuel directeur opérationnel du groupe, Yasuhiro Yamauchi, assurera l’intérim dans l’immédiat. Puis le comité des nominations au sein du conseil d’administration a l’intention de choisir « d’ici à fin octobre » un successeur à M. Saikawa, a déclaré le président du conseil d’administration du groupe, Yasushi Kimura, lors d’une conférence de presse au siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo.

Les conclusions de l’audit interne mené par Nissan et présenté hier aux membres du conseil d’administration ont confirmé ce que des médias japonais indiquaient : en 2013, M. Saikawa a délibérément fait en sorte que ses « share appreciation rights » (SAR), une prime en numéraire correspondant à une plus-value liée à la hausse de l’action Nissan sur une période définie, soient gonflées. À la demande de M. Saikawa, la date d’exercice de ses SAR avait alors été différée d’une semaine, entraînant une hausse « illégitime » de sa prime à hauteur de 47 millions de yens (soit 440 000 dollars), selon l’audit de Nissan. Cette action n’était pas « illégale » mais elle était « contraire aux règles » internes de l’entreprise, a précisé Motoo Nagai, responsable du comité d’audit au sein du conseil d’administration.

Nissan a par ailleurs encore chargé hier la barque de M. Ghosn, en indiquant que l’audit nouvellement mené avait non seulement confirmé tout ce qui était déjà reproché à l’ex-grand patron, mais aussi ajouté que ce dernier avait également bénéficié de paiements indus via le dispositif SAR, en plus d’avoir dissimulé des sommes relatives à ce même mécanisme incitatif destiné aux dirigeants.

Je ne suis pas fier

Le successeur de M. Ghosn, Hiroto Saikawa, 65 ans, était directeur général de Nissan depuis 2017, quand son mentor lui avait cédé les commandes exécutives du groupe.

Après l’arrestation de M. Ghosn en novembre dernier pour des malversations financières présumées, M. Saikawa avait retourné sa veste avec fracas et s’érigeait en modèle de vertu. Mais ses jours à la tête de Nissan semblaient comptés depuis plusieurs mois : certains actionnaires réclamaient en effet son départ, le jugeant trop associé à l’ère Ghosn. Il avait lui-même promis en juin de préparer sa succession au plus vite.

M. Saikawa, qui avait déjà reconnu les faits la semaine dernière, a fait une apparition surprise à la fin de la conférence de presse d’hier. « Je ne suis pas fier », a-t-il reconnu. Il a néanmoins persisté à vouloir distinguer son cas des « véritables mauvaises pratiques intentionnelles qui ont émergé depuis novembre, décembre dernier », dans une allusion à Carlos Ghosn. « Je souhaitais démissionner depuis un moment, mais ce n’est pas quelque chose que je pouvais décider seul », a-t-il ajouté, regrettant à demi-mot la décision du conseil de le faire partir dès lundi prochain : « Je trouvais que c’était un peu tôt », a-t-il lâché.

Nombreux chantiers

Le départ précipité de M. Saikawa arrive en effet à un moment peu propice pour Nissan, dont les profits et les ventes sont au plus mal. Le groupe vient aussi d’entamer une vaste restructuration de ses activités de production, qui va passer par la suppression de 12 500 emplois dans le monde.

Nissan et son partenaire français Renault s’efforcent aussi de rebâtir leur alliance, mise à mal depuis l’éviction de Carlos Ghosn, qui était la clé de voûte de l’édifice. « Il y a des hypothèses de travail » sur une évolution des participations croisées entre les deux groupes, mais « rien n’est acté » sur le sujet, a glissé une source proche du dossier. « La priorité est à l’industriel et à l’alliance », selon cette même source. Actuellement, Renault – dont l’État français détient 15 % du capital – contrôle 43 % de Nissan, qui possède 15 % du constructeur tricolore.

Rebattre les cartes de cette alliance pourrait permettre de ressusciter un projet de fusion entre Renault et Fiat Chrysler, qui avait avorté début juin devant les réticences de Nissan et de l’État français, soucieux de retisser d’abord les liens avec les Japonais.

Source : AFP

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