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Liban - Tensions

La polémique enfle autour des propos de Aoun sur les Ottomans

Une banderole a été accrochée à l’entrée de l’ambassade turque au Liban : « Vous aussi dégagez ! »


Une banderole portant l’inscription « Vous aussi dégagez ! » à l’entrée de l’ambassade de Turquie à Rabieh, largement partagée sur les réseaux sociaux.

Les propos du président de la République Michel Aoun sur « le terrorisme d’État des Ottomans envers les Libanais », dans un discours prononcé pour le lancement des célébrations du Grand Liban, n’en finissent pas de faire des remous sur la scène libanaise. Après la réaction du ministre turc des Affaires étrangères qui a accusé le président de « révisionnisme politique » et la convocation de l’ambassadeur de Turquie Hakan Cakil par le ministère libanais des AE, pour lui demander « une réparation de la faute » qu’on reproche à Ankara d’avoir commise, les tensions sont montées d’un cran, dans la rue comme dans les milieux politiques.

Ainsi, hier à l’aube, des individus ont accroché une banderole portant l’inscription « Vous aussi dégagez ! » à l’entrée de l’ambassade de Turquie, à Rabieh. Sur la banderole, on voit notamment le drapeau turc avec une tête de mort. L’inscription est une allusion aux propos tenus la semaine dernière par le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui avait enjoint aux soldats israéliens se trouvant à la frontière avec le Liban de « dégager ». Le service de sécurité de l’ambassade a tôt fait de retirer la banderole. Par ailleurs, l’Association turkmène de Tripoli a appelé à une manifestation aujourd’hui devant la mosquée al-Mansouri, après la prière du vendredi.

Le discours du président Aoun a également provoqué des remous au sein de la rue sunnite libanaise, sachant que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, jouit d’une certaine popularité auprès de certains sunnites libanais. L’Union des ulémas musulmans a ainsi dénoncé, dans un communiqué, un « discours haineux et populiste » qui « déforme l’histoire », alors que l’ancien mufti de la République Mohammad Rachid Kabbani a demandé au chef de l’État de « corriger ses propos qui falsifient l’histoire de l’Empire ottoman ».

Dans ce contexte, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora a reçu hier l’ambassadeur de Turquie et a évoqué avec lui « les développements au Liban et dans la région ». Ils ont également « insisté sur l’importance de renforcer les relations bilatérales basées sur des intérêts communs, loin des tensions historiques et personnelles ».

De son côté, l’ancien ministre Achraf Rifi a estimé, dans un tweet, que « l’approche du mandat envers l’Empire ottoman est lacunaire et simpliste, et son objectif est d’exacerber des susceptibilités communautaires, les mêmes qu’on veut éveiller entre les composantes sunnite et druze, n’excluant pas les chrétiens visés pour avoir voulu la réconciliation, et qui sont marginalisés ».

D’autres ont pris la défense du président de la République et de sa vision de l’histoire, telle la Ligue maronite. « Il est étonnant et répréhensible que la Turquie, ainsi que certains Libanais, notamment le cheikh Kabbani, répondent aux propos du président de la République (...). Le chef de l’État a évoqué la période ottomane comme une vérité et un fait que nul historien objectif ne peut ignorer (...) », estime la Ligue dans un communiqué. Elle affirme que le président Aoun « ne voulait pas porter atteinte aux relations libano-turques que nous voulons voir renforcées et qui sont basées sur le respect mutuel ».

Lundi, le ministre de la Défense, Élias Bou Saab, proche du président Aoun, avait également défendu la position de ce dernier. Reçu par le mufti de la République, le cheikh Abdel Latif Deriane, M. Bou Saab avait affirmé que le discours du chef de l’État se basait sur « des faits historiques que personne ne peut nier ».

Les propos du président de la République Michel Aoun sur « le terrorisme d’État des Ottomans envers les Libanais », dans un discours prononcé pour le lancement des célébrations du Grand Liban, n’en finissent pas de faire des remous sur la scène libanaise. Après la réaction du ministre turc des Affaires étrangères qui a accusé le président de « révisionnisme politique » et la convocation de l’ambassadeur de Turquie Hakan Cakil par le ministère libanais des AE, pour lui demander « une réparation de la faute » qu’on reproche à Ankara d’avoir commise, les tensions sont montées d’un cran, dans la rue comme dans les milieux politiques. Ainsi, hier à l’aube, des individus ont accroché une banderole portant l’inscription « Vous aussi dégagez ! » à l’entrée...
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