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Nos lecteurs ont la parole - Par Fouad Zmokhol

Budget : entre 2019 et 2020, virons à 180 degrés

Le budget 2019 a été voté il y a quelques semaines au Parlement avec plus de six mois de retard. Nous ne crierons pas à l’exploit ni nous féliciterons nos dirigeants de ce droit élémentaire, mais essayerons d’être un peu plus positifs étant donné que cela fait plus de quinze ans que nous n’avons pas eu ce luxe primaire de toute nation qui se respecte.

Nous avons tous suivi de près et avons assisté bouche bée au « théâtre » des débats parlementaires, ou plutôt au « grand bal de gens masqués » qui a pris la tournure d’un film grandiose aux thèmes mitigés : mélangeant un zeste d’humour, quelques pincées d’horreur ; assaisonné d’un peu d’aventure, de beaucoup d’action, d’une croûte de science-fiction, mais évidemment sans trop de suspense car toutes les parties prenantes appartiennent aux mêmes familles régnantes avec uniquement des casquettes et des fauteuils différents, suivant les mêmes directives provenant des mêmes protagonistes.

La fin était donc prévisible : tout le monde allait gagner ! Car en effet, l’exécutif qui proposait et défendait son projet n’était qu’une représentation réduite des législateurs supposés le questionner et le corriger, laissant pour seuls perdants une économie saignante et un peuple en détresse qui n’aura bientôt même plus la force d’applaudir « ses » héros.

Nous retiendrons donc que ce budget 2019 avait comme priorité de réduire le déficit et les dépenses, de s’attaquer à la corruption et surtout d’augmenter les recettes de l’État, et ce en augmentant les taxes à tort et à travers, dans une économie déjà rachitique et branlante.

Ce même budget a surtout besoin aujourd’hui d’un gouvernement efficace et productif, travaillant jour et nuit – sans savourer un repos de 40 jours comme il y a quelques semaines pour fausse ordonnance ou accident inexplicable –, capable, selon un suivi méthodique, d’exécuter les diverses stratégies et implémenter les multiples plans sur un terrain miné.

Nous sommes aujourd’hui à la veille du début des discussions du budget 2020. Le titre et la priorité de ce nouveau projet devraient être incontestablement de rebâtir la croissance et de promouvoir les investissements et surtout la création d’emplois.

En d’autres termes, ce que nous demandons et espérons serait un revirement de 180 degrés par rapport au budget 2019 ! Plus particulièrement, réduire les taxes pour les investisseurs, pour les entrepreneurs et les créateurs d’emplois, tout en offrant des « paniers » d’encouragement aux derniers rescapés de cette tempête destructive.

Aucune nation au monde n’a pu combler son déficit en augmentant ses taxes. En revanche, celles qui ont réussi auront utilisé leurs atouts pour créer de la croissance et augmenter leur produit intérieur brut.

Nous avons actuellement 30 ministres. Profitons de ce surnombre – souvent encombrant – pour les transformer en 30 entrepreneurs créatifs, dynamiques, courageux… avec, comme dessein unique, celui d’être sur le terrain, non pas pour marquer des buts ou briller sous les projecteurs, mais surtout pour se donner des passes dans le cadre d’un jeu d’équipe et d’une synergie productive ayant comme objectifs une équipe nationale gagnante et le sauvetage d’une économie en perdition.

Notre cher pays, jadis connu comme la perle rare de la région, a été malheureusement transformé en mendiant déchu qui fait l’aumône. Mais il ne faudrait surtout pas se décourager : nous avons tous les atouts pour le retransformer en un pays donateur, créateur de richesses et de succès. Notre pays, devenu « une usine à ordures » (qu’on ne sait plus où stocker), restera également « une usine de cerveaux et d’élites » qui parcourent le monde et l’inondent de leurs créations.

Le budget n’est autre qu’une vision, une stratégie, un plan… Au lieu de creuser notre tombe avec nos propres mains, creusons-nous la tête pour encourager nos entrepreneurs mondialement renommés et encourager leurs sociétés installées aux quatre coins du monde à réinvestir et croire en leur Liban.

Ne ratez pas… ou plutôt ne ratons pas notre dernière chance !

Fouad ZMOKHOL

Président du Rassemblement

de dirigeants et chefs

d’entreprise libanais dans le monde

(RDCL World)

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour.

Le budget 2019 a été voté il y a quelques semaines au Parlement avec plus de six mois de retard. Nous ne crierons pas à l’exploit ni nous féliciterons nos dirigeants de ce droit élémentaire, mais essayerons d’être un peu plus positifs étant donné que cela fait plus de quinze ans que nous n’avons pas eu ce luxe primaire de toute nation qui se respecte. Nous avons tous suivi de près et avons assisté bouche bée au « théâtre » des débats parlementaires, ou plutôt au « grand bal de gens masqués » qui a pris la tournure d’un film grandiose aux thèmes mitigés : mélangeant un zeste d’humour, quelques pincées d’horreur ; assaisonné d’un peu d’aventure, de beaucoup d’action, d’une croûte de science-fiction, mais évidemment sans trop de suspense car toutes les parties...
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