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Moyen Orient et Monde - Royaume-Uni

Boris Johnson agite la menace d’élections anticipées

Le Premier ministre dit ne pas vouloir d’un scrutin, mais ne se laissera pas forcer la main sur le Brexit.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson devant sa résidence à Londres. Henry Nicholls/Reuters

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré hier soir qu’il était hostile à des élections anticipées mais que nul ne le contraindrait à réclamer un nouveau report de la date du Brexit, laissant ainsi entendre qu’il pourrait ne pas avoir d’autre choix que celui d’un retour aux urnes.

« Je ne veux pas d’une élection, vous ne voulez pas d’une élection. Mettons en œuvre le programme du peuple », a-t-il déclaré en allusion au résultat du référendum du 23 juin 2016 par lequel les électeurs britanniques se sont prononcés à une courte majorité pour une sortie de l’Union européenne. « Nous n’accepterons aucune tentative qui reviendrait sur nos promesse », a-t-il cependant prévenu à la veille de la rentrée parlementaire à Westminster.

Dans une courte allocution, Johnson, qui promet depuis son arrivée à la tête du gouvernement de réaliser « coûte que coûte » le Brexit à la date du 31 octobre, a ajouté qu’il ne demanderait sous aucun prétexte un nouveau report du divorce. « Je veux que tout le monde en soit conscient : je ne demanderai en aucune circonstance un report à Bruxelles. Nous partirons le 31 octobre sans réserve. »

Boris Johnson avait réuni en urgence hier après-midi les membres-clefs de son gouvernement, à la veille d’une semaine cruciale au Parlement, alimentant les spéculations sur de possibles élections anticipées. Selon les politologues, le Premier ministre conservateur pourrait appeler prochainement à des élections législatives s’il perd son bras de fer cette semaine contre les députés opposés à une sortie sans accord de l’Union européenne.

Sur ce sujet, le dirigeant conservateur a évoqué des progrès récents sur les conditions du Brexit. Les chances d’un accord augmentent, a-t-il dit. Mais il a noté que si le Parlement de Westminster votait en faveur d’un nouveau report, il n’y aurait plus aucune marge de renégociation de l’accord de retrait conclu par Theresa May avec Bruxelles mais rejeté à trois reprises par la Chambre des communes.

Sortie sans accord

Une proposition de loi réclamant un report du Brexit au 31 janvier et défendue par l’opposition travailliste avec des frondeurs issus du Parti conservateur pourrait être débattue aux Communes. L’idée de ses promoteurs est de laisser à l’exécutif le temps de conclure un nouvel accord avec l’UE ou d’obtenir l’aval du Parlement à une sortie sans accord.

« S’ils le font (NDLR, voter pour un report), ils couperont tout simplement les jambes du Royaume-Uni et rendront toute nouvelle négociation absolument impossible », a affirmé Johnson. Durcissant le ton, Boris Johnson a menacé d’exclusion la vingtaine d’élus conservateurs « rebelles » qui pourraient voter avec l’opposition et a annulé une rencontre prévue hier avec ces derniers. Parmi ces « rebelles » figure l’ancien ministre des Finances Philip Hammond, qui a exhorté dans une lettre le Premier ministre à répondre à leurs préoccupations devant la Chambre des communes aujourd’hui.

De son côté, le chef du Labour, le principal parti d’opposition, Jeremy Corbyn, a appelé au rassemblement pour éviter un « no deal » hier dans un discours à Salford. « Nous travaillons avec d’autres partis pour faire tout ce qui est nécessaire afin d’éloigner notre pays du précipice », a-t-il expliqué, ajoutant : « Cette semaine pourrait être notre dernière chance. » Il continue de laisser ouvertes toutes les options, y compris une motion de censure contre le gouvernement, et soutient l’organisation d’élections législatives « pour que les gens décident de leur avenir ».

D’après la chaîne de télévision ITV, les ministres du cabinet sont convenus que si le gouvernement était mis en minorité aujourd’hui à la Chambre des communes, le Conseil des ministres voterait le lendemain sur l’opportunité d’organiser des élections le 14 octobre prochain.

Une sortie sans accord de l’UE semble désormais le scénario le plus probable, le négociateur de l’UE, Michel Barnier, confiant dimanche ne pas être optimiste sur la possibilité d’éviter ce scénario dans une tribune au Sunday Telegraph.

M. Barnier a exclu de renégocier l’accord de divorce avec le Royaume-Uni conclu par l’ex-cheffe du gouvernement Theresa May avec l’UE et rejeté trois fois par le Parlement britannique. Boris Johnson souhaite délester de cet accord le dispositif du filet de sécurité irlandais (ou « backstop ») visant à empêcher le retour à une frontière physique entre la province britannique d’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Cette disposition prévoit que le Royaume-Uni tout entier resterait dans une « union douanière » avec l’UE faute de meilleure solution à l’issue d’une période transitoire. Selon un porte-parole de Boris Johnson, Londres a fait des « propositions raisonnables » à l’UE, qui ont fait l’objet de discussions avec Bruxelles pendant les vacances parlementaires. Outre le Parlement, la bataille contre la suspension se jouera aussi cette semaine dans les tribunaux, avec des audiences en Écosse et à Londres, et dans la rue, avec de nouvelles manifestations.

Source : AFP

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré hier soir qu’il était hostile à des élections anticipées mais que nul ne le contraindrait à réclamer un nouveau report de la date du Brexit, laissant ainsi entendre qu’il pourrait ne pas avoir d’autre choix que celui d’un retour aux urnes.« Je ne veux pas d’une élection, vous ne voulez pas d’une élection. Mettons en œuvre le programme du peuple », a-t-il déclaré en allusion au résultat du référendum du 23 juin 2016 par lequel les électeurs britanniques se sont prononcés à une courte majorité pour une sortie de l’Union européenne. « Nous n’accepterons aucune tentative qui reviendrait sur nos promesse », a-t-il cependant prévenu à la veille de la rentrée parlementaire à Westminster.Dans une courte allocution, Johnson,...
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