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Tunisie : arrestation de Nabil Karoui, un des favoris à la présidentielle

AFP
23/08/2019

A moins d'un mois de la présidentielle en Tunisie, l'un des principaux candidats, l'homme d'affaires Nabil Karoui, a été arrêté vendredi après avoir été inculpé pour blanchiment d'argent, ce qui pourrait fortement compromettre ses chances.

Dans le même temps, sa chaîne de télévision Nessma TV, l'une des principales du pays, a été interdite de couvrir la campagne électorale par les instances chargées du contrôle de l'audiovisuel et des élections.

M. Karoui, président du parti Qalb Tounes ("Au coeur de la Tunisie"), était jusqu'alors présenté, pour la présidentielle anticipée du 15 septembre, comme un adversaire de taille pour le Premier ministre Youssef Chahed, candidat du parti Tahya Tounes, autre grand favori.

"Une quinzaine de voitures de police ont bloqué la route et se sont précipitées vers la voiture de Nabil Karoui avant que des policiers civils armés lui demandent de venir avec eux en disant qu'ils avaient des instructions pour l'arrêter", a dit à l'AFP Oussama Khlifi, un responsable de son parti.

"Un enlèvement"
"C'était un enlèvement et non pas une arrestation", a-t-il ajouté, précisant que M. Karoui était de retour de Béja (nord-ouest) où il avait ouvert un nouveau local de son parti.

Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur a confirmé l'arrestation. "En exécution d'un mandat de dépôt émis par l'une des Cours d'appel de Tunis à l'encontre de Nabil Karoui, une équipe de l'administration de la sûreté nationale l'a arrêté", a-t-il indiqué.

M. Karoui a été conduit à la prison de Mornaguia, près de Tunis, selon le communiqué.

Un mandat de dépôt a été émis à l'encontre de Nabil Karoui et de son frère Ghazi pour "blanchiment d'argent", a indiqué de son côté la radio privée Mosaïque FM citant une source judiciaire.

Nabil et Ghazi Karoui sont visés par une instruction judiciaire du pôle financier depuis 2017, après le dépôt par l'ONG anti-corruption I-Watch d'un dossier l'accusant de fraude fiscale.

Le 8 juillet, ils avaient été inculpés pour "blanchiment d'argent". Un juge d'instruction avait également décidé "le gel de leurs biens et de leur fonds financiers et l'interdiction de voyager", selon le porte-parole du pôle judiciaire financier Sofiène Sliti.

Par ailleurs vendredi, les instances chargées du contrôle de l'audiovisuel (Haica) et des élections en Tunisie (Isie) ont décidé d'interdire à trois médias émettant illégalement, dont Nessma TV, de couvrir la campagne électorale.

"Illégale"
"Il n'est pas permis aux candidats à la présidentielle de mener leurs campagnes électorales à travers ces chaînes qui ne disposent pas de licence et émettent illégalement", a affirmé à l'AFP le président de la Haica, Nouri Lajmi.

M. Karoui, favori de plusieurs sondages dans les intentions de vote, s'est dit récemment ciblé par "des tentatives pour remettre en cause sa popularité croissante".

Sa candidature a inquiété les cercles du pouvoir au point que le Parlement a amendé en juin le code électoral sous l'impulsion du gouvernement, afin de tenter d'écarter du prochain scrutin toute personne ayant durant l'année écoulée octroyé "des avantages quelconques" à des citoyens, en allusion à ces actions caritatives.

Mais le président Béji Caïd Essebsi n'a pas promulgué ce nouveau code avant sa mort, le 25 juillet.

Ces dernières années, Nabil Karoui s'est construit une image d'homme charitable, distribuant électroménagers et biens à travers le pays sous l'oeil des caméras de Nessma TV. La chaîne diffuse chaque jour "Khalil Tounes", une émission caritative où on le voit sillonner le pays en écoutant les doléances des plus démunis.

Prévue en fin d'année, l'élection présidentielle a été avancée à la suite du décès de M. Essebsi, qui, en 2014, a été le premier président démocratiquement élu au suffrage universel de l'histoire moderne de la Tunisie.

M. Chahed a annoncé jeudi avoir délégué ses pouvoirs du chef de gouvernement au ministre de la Fonction publique jusqu'à la fin de la campagne électorale (du 2 au 13 septembre). Il a dit avoir notamment pris cette décision "pour éviter tout conflit d'intérêt".

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