Nadim Gemayel et la délégation Kataëb, mardi soir, entourant Walid Joumblatt à Clemenceau.
Le parti Kataëb a dénoncé « l’ingérence politique flagrante dans les affaires judiciaires », en soutien aux révélations faites mardi par le ministre de l’Industrie, Waël Bou Faour, au sujet de pressions exercées par le palais présidentiel sur les milieux de la magistrature pour influer sur le cours de la justice dans l’affaire des incidents de Qabr Chmoun (Aley), le 30 juin dernier, entre partisans du Parti démocratique libanais de Talal Arslane et du Parti socialiste progressiste de Walid Joumblatt lors d’une tournée du chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, dans la région.
« Le blocage du gouvernement entre dans son deuxième mois dans un climat de tension et un discours de haine et d’accusations réciproques, qui sapent la confiance des gens dans les institutions constitutionnelles, notamment la présidence de la République, le Conseil des ministres et la justice », a indiqué le parti Kataëb, dans un communiqué publié mardi soir à l’issue de sa réunion hebdomadaire à Saïfi.
« Des crises successives sont créées à coups de slogans sectaires pour mobiliser les masses et marquer des points illusoires aux dépens du pays. Est-ce le bon moment de s’ingérer politiquement de manière flagrante dans la justice pour fabriquer des dossiers et régler des comptes qui n’ont rien à voir avec l’intérêt national supérieur et les besoins quotidiens des gens ? Ou bien est-ce le moment de revitaliser et soutenir les institutions et de fixer les priorités au lieu de se divertir avec des questions marginales ? » s’est interrogé le parti.
« Réunissez-vous ou partez, laissez la justice à la justice et libérez-la de vos ingérences, et retournez sous le plafond de la loi et de la Constitution, là où se trouvent les solutions », note le communiqué.
Le parti Kataëb a par ailleurs estimé que « le compromis présidentiel a sapé l’ordre public, porté atteinte à la Constitution et à la légitimité des institutions, et asséné un coup à la stabilité politique, la sécurité et la paix civile ».
« Le pays a payé un prix faramineux de ce fait en termes de souveraineté et de structures économiques et financières. Or nous avons mis en garde depuis le début contre ce compromis vaseux qui a aggravé la corruption, le fromagisme et le clientélisme et invitons toutes les parties à reconnaître leur échec et à assumer leurs responsabilités dans les plus brefs délais en rejoignant l’opposition constructive pour assurer une alternative sérieuse et sauver le pays », ajoute le texte.
Nadim Gemayel à Clemenceau
De son côté, le député Kataëb Nadim Gemayel a effectué mardi soir une visite-surprise au domicile du chef du Parti socialiste progressiste Walid Joumblatt à Clemenceau, afin de lui assurer son « soutien total » et son « rejet de toute tentative de l’isoler ».
Les deux hommes ont réitéré au cours de la rencontre « leur attachement à la réconciliation historique de la Montagne » scellée en août 2001 par le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, avec M. Joumblatt.
Le chef du PSP a retenu son hôte et la délégation qui l’accompagnait à dîner.


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