Le leader de l’opposition russe, Alexeï Navalny. Tatyana Makeyeva/File Photo/Reuters
Pourfendeur de la corruption des élites russes, orateur charismatique aux idées parfois nationalistes, Alexeï Navalny s’est imposé en tant que premier opposant à Vladimir Poutine et reste déterminé à le défier malgré les séjours en prison, voire des atteintes à sa santé. Ignoré des médias nationaux, non représenté au Parlement et inéligible à cause d’une condamnation pour fraude fiscale qu’il qualifie de politique, l’avocat de 43 ans est pourtant la voix la plus audible de l’opposition russe.
Formé au début des années 1990 à l’université de l’Amitié des peuples à Moscou, passé par le parti d’opposition libéral Iabloko d’où il a été exclu en 2007 pour ses prises de position nationalistes, il n’a eu de cesse de contester la légitimité de Vladimir Poutine, qui cultive une image de défenseur intègre des intérêts de la Russie.
C’est lors des législatives de décembre 2011, qui vont déclencher une vague de contestation sans précédent, qu’Alexeï Navalny a gagné en notoriété, grâce à son charisme, mais aussi à la virulence de ses prises de parole contre le Kremlin. En septembre 2013, il obtient son premier succès électoral à l’élection municipale de Moscou. Il crée la surprise en arrivant en deuxième position avec 27 %, juste derrière le maire sortant, l’ex-chef de cabinet de Vladimir Poutine, Sergueï Sobianine. Ce score le conforte en tant que figure de proue de l’opposition. Alexeï Navalny a aussi participé au début de sa carrière politique à des rassemblements aux relents racistes tels que la Marche russe, avant de gommer les tonalités nationalistes de ses discours.
Depuis 2013, ce père de deux enfants a été condamné à des peines de prison avec sursis pour deux affaires de détournement de fonds qu’il juge politiques et qui lui valent d’être déclaré inéligible jusqu’en 2028. Il a multiplié les courts séjours en rétention administrative pour infraction à la législation encadrant les manifestations.
Régulièrement entarté ou couvert de désinfectant indélébile par des inconnus, Alexeï Navalny est souvent le sujet de reportages à charge diffusés aux heures de grande écoute sur des chaînes de télévision publiques. Rejetant les jugements dans ses procès actuels comme dans les précédents, il a toujours assuré que rien ne viendrait enrayer sa motivation, même les menaces qui pèsent sur sa sécurité et sa famille. « Je fais de la politique depuis longtemps, je suis souvent arrêté (...), c’est simplement une partie de la vie, relativise-t-il. Je fais le travail que je préfère, les gens me soutiennent, j’ai de nombreux partisans. Qu’est-ce qui peut rendre un homme plus heureux ? »
Source : AFP


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