Photo d'archives Marwan Assaf
Les militaires libanais à la retraite qui manifestent depuis des semaines contre les mesures d'austérité que s'apprête à adopter le Parlement dans le cadre du budget de 2019, étaient toujours dans la rue vendredi parallèlement à la séance de la Chambre, dans une ambiance tendue, le ministre de la Défense Elias Bou Saab, les appelant au calme.
Sur les images retransmises en direct par la chaîne LBCI, des dizaines d'anciens soldats et officiers en colère étaient rassemblés à proximité du siège du Parlement dans le centre-ville de Beyrouth, mais un cordon de sécurité formé de policiers et de militaires était déployé pour les empêcher d'accéder à la Chambre. Des barbelés et des barrières métalliques ont été installés afin de barrer les entrées du Parlement aux protestataires. Des policiers anti-émeutes ont également été mobilisés. Plusieurs manifestants ont tenté de passer à travers les barbelés et les barrières, ce qui a poussé les forces de sécurité à appeler des renforts. Plusieurs cas d'évanouissement ont été signalés parmi les militaires à la retraite, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), lors de bousculades.
Les ex-militaires craignent des coupures qui devraient toucher leurs indemnités et pensions de retraite. La ponction mensuelle de 3 % sur les pensions de retraite des anciens militaires qui servira à financer leur couverture maladie a été revue à la baisse et fixée à 1,5 %. Mais cette baisse ne satisfaisait clairement pas ces anciens soldats, qui ont tenu un sit-in dans la capitale durant les trois derniers jours.
Selon l'un des manifestants, un officier à la retraite, les parlementaires pourraient limiter la ponction de 1,5% uniquement aux officiers à la retraite et non aux anciens soldats, dans un geste censé apaiser les protestataires.
Dans ce contexte, le ministre de la Défense, Elias Bou Saab, a appelé les manifestants au calme, alors que la veille des violences ont émaillé leur mobilisation. "Les affirmations infondées des militaires à la retraite portent préjudice aux manifestants et leurs demandes. Je les appelle à manifester pacifiquement. Il y a un malentendu au niveau des informations qui circulent. Rien ne sera fait de manière inattendue", a affirmé M. Bou Saab.
Le Parlement libanais qui avait poursuivi jeudi, pour la troisième journée consécutive, ses débats sur le texte de budget de l’État pour l'exercice 2019, n'avait pas réussi à entamer le vote des articles du texte. Une nouvelle séance a débuté cet après-midi afin de procéder au vote de la loi des finances, article par article.
Le projet de budget est critiqué de toutes parts tant pour le retard avec lequel il est adopté, que pour son manque de réformes ou l'absence de publication de la loi de règlement (clôture des comptes).

