Des policiers inspectant les lieux au lendemain de l’attentat de Tripoli, le 4 juin 2019. Omar Ibrahim/Reuters
Un mois après les attaques menées à Tripoli par un islamiste libanais, Abdel Rahmane Mabsout, contre l’armée et les Forces de sécurité intérieure (FSI), l’organisation État islamique (EI) a revendiqué hier la responsabilité de ces attaques qui avaient fait quatre morts dans les rangs des forces de sécurité. Dans son média de propagande al-Naba, l’EI affirme, sans étayer ses propos, que le jihadiste était « un soldat du califat ».
La revendication tardive de cet attentat par l’EI a semé le doute hier parmi les analystes, d’autant plus que l’organisation terroriste n’a pas présenté de preuves tangibles concernant son implication. Selon une source de sécurité interrogée par la chaîne LBCI, les résultats de l’enquête ont montré que Mabsout avait agi seul et qu’il n’était pas entré en contact avec l’EI. Il pourrait s’agir, selon ces mêmes sources, d’une tentative de l’EI d’encourager d’autres loups solitaires à commettre des attentats du genre.
Dans la nuit du 3 au 4 juin, Abdel Rahmane Mabsout, qui était armé et circulait à mobylette, avait ouvert le feu sur des agents des forces de sécurité dans les rues de Tripoli, et tué deux militaires et deux policiers, avant de se faire exploser. La Direction générale des FSI avait annoncé la mort du sergent Johnny Khalil et du caporal Youssef Faraj, tandis que le commandement de l’armée faisait part de la mort du lieutenant Hassan Ali Farhat et du soldat Ibrahim Mohammad Saleh. Douze personnes avaient été arrêtées fin juin dans le cadre de l’enquête des services de renseignements de l’armée sur ces attaques et transférées aux autorités compétentes.
Peu après les attaques, le directeur des FSI, le général Imad Osman, avait affirmé que l’assaillant était mentalement instable, des propos qui lui avaient été reprochés par certains responsables, notamment proches du Courant patriotique libre. Les aounistes s’étaient émus du fait que l’assaillant était un fondamentaliste ayant combattu dans les rangs de l’État islamique en Syrie et qu’il n’avait été que brièvement incarcéré à son retour au Liban. Ils avaient sous-entendu que le courant du Futur avait contribué à sa libération.

