Photo Roman Pilipey/Pool via REUTERS
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prôné après une visite en Chine une solution à la situation des Ouïghours au Xinjiang "tenant compte des sensibilités" des deux parties, selon des propos rapportés par la presse jeudi.
"Je pense que l'on peut trouver une solution en tenant compte des sensibilités de chacun", a déclaré M. Erdogan dans une interview accordée à plusieurs journaux avant son retour en Turquie. Il a ajouté que la Turquie était prête "si nécessaire" à envoyer une délégation au Xinjiang.
Depuis une série d'attentats sanglants au Xinjiang attribués à des membres de la minorité turcophone des Ouïghours, le gouvernement chinois impose des mesures de sécurité draconiennes dans cette vaste région, frontalière de l'Asie centrale et du Pakistan. La Chine est soupçonnée d'avoir interné dans le territoire jusqu'à un million de personnes dans des camps de rééducation. Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" destinés à lutter contre la radicalisation islamiste.
Jusqu'à présent, la Turquie est le seul pays musulman à avoir fermement dénoncé l'existence de ces structures, le ministère des Affaires étrangères qualifiant de "honte pour l'humanité" le traitement réservé aux Ouïghours.
L'agence officielle chinoise Chine nouvelle a affirmé que lors de sa visite à Pékin et sa rencontre mardi avec le président chinois Xi Jinping, M. Erdogan a déclaré que les gens vivaient "heureux" au Xinjiang, une apparente volte-face.
Sans commenter les propos rapportés, le chef de l'Etat turc a toutefois déploré, selon l'interview publiée dans la presse turque jeudi, l'approche "émotionnelle" de certains, qui affecte selon lui les relations bilatérales entre Ankara et Pékin et en fait "payer le prix" à la Turquie et à ses citoyens.


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