Le porte-hélicoptères Dixmude.
Jeudi dernier, ont fait escale dans le port de Beyrouth deux bâtiments de la marine française, le porte-hélicoptères amphibie Dixmude et la frégate Guépratte. Ces navires, spécialisés dans le commandement et la projection de forces pour l’un, la reconnaissance et la protection pour l’autre, doivent y rester amarrés quelques jours avant de quitter le port en début de semaine. Ils mèneront, aux larges des côtes libanaises, des exercices militaires navals et aéronavals conjoints entre les marines française et libanaise.
À cette occasion, l’ambassadeur de France, Bruno Foucher, a tenu vendredi un discours à bord du PHA Dixmude – surnommé parfois le vieil ami de la France – en présence des ministres de la Défense et des Télécoms, Élias Bou Saab et Mohammad Choucair, et du député Henri Hélou, représentant respectivement le président de la République, le Premier ministre et le président de la Chambre. Il y est longuement revenu sur les jalons de la coopération entre les deux pays.
Cette vingt-septième escale militaire française au Liban depuis 2015 est, pour Bruno Foucher, « une nouvelle manifestation, à la fois symbolique et concrète, de ce lien unique qui relie la France et le Liban ». Et cette dernière escale, qui s’inscrit dans l’édition 2019 de l’exercice Cèdre bleu, visant à développer la coopération entre les deux pays dans le domaine de la défense, est une de ces manifestations concrètes. Il a notamment rappelé dans son discours que « sur les cinq dernières années, la France a consacré plus d’un demi-milliard d’euros pour soutenir les forces armées libanaises » sous la forme de cessions de matériels, de formations et d’échanges de savoir-faire opérationnels. Cet engagement de la France aux côtés de l’armée libanaise s’inscrit « dans notre objectif visant à renforcer l’État libanais et à en garantir la stabilité et l’indépendance », a insisté M. Foucher.
« Partenaire privilégié »
Si le partenariat franco-libanais était au cœur de cette allocution, la question des finances reste le nerf de la guerre. Et l’ambassadeur français n’a pas manqué de souligner l’engagement pris par Emmanuel Macron en 2018 pour « l’ouverture d’une ligne de crédit de 400 millions d’euros au profit des forces armées libanaises et des Forces de sécurité intérieure lors de la conférence de Rome II » organisée par le groupe international de soutien au Liban. Mais ce soutien dépasse le simple cadre militaire et « la France a mobilisé ses partenaires internationaux afin de soutenir l’économie libanaise à travers le processus CEDRE ». L’ambassadeur a adressé un message encourageant au « gouvernement libanais, qui a récemment envoyé des signaux positifs à la communauté internationale en se dotant d’un projet de budget, qui devrait être adopté prochainement par le Parlement » tout en l’incitant à « poursuivre ses efforts dans la mise en place des réformes qu’il s’est lui-même engagé à mener afin de pouvoir enclencher l’exécution de CEDRE ». Et M. Foucher d’assurer : « Le Liban est notre partenaire privilégié dans la région. Nous serons ainsi toujours prêts à l’accompagner dans la mise en œuvre de mesures courageuses et nécessaires afin qu’il puisse relever les nombreux défis auxquels il fait face aujourd’hui. »
Cet exercice conjoint Cèdre bleu, dont l’objectif central est de « permettre au Liban de se doter d’une capacité robuste d’action de l’État en mer lui permettant d’exercer sa pleine souveraineté maritime », a été « entièrement conçu au Liban, par l’École de commandement et d’état-major Fouad Chéhab de l’armée libanaise » et sera dirigé par un officier libanais. Cet objectif, a rappelé M. Foucher, est « la clé de voûte du projet de renforcement des capacités aéronavales annoncé à la conférence Rome II et porté par la France ». Cette volonté de renforcer les forces de l’ordre libanaises semble d’autant plus cruciale pour lutter contre la menace terroriste qui pèse sur les deux pays et qui a encore récemment frappé le Liban.
Enfin Bruno Foucher a rappelé que si Cèdre bleu était possible, c’est « parce qu’il existe entre les deux pays une complicité faite d’une compréhension commune d’un monde méditerranéen partagé » sur le plan militaire certes, mais aussi d’un point de vue culturel. Et de conclure en évoquant « l’étrange familiarité que ressent tout Français en mettant le pied dans cet Orient méditerranéen francophone, si éloigné géographiquement mais si proche culturellement ».
Cette soirée animée par la chorale de l’Université Saint-Joseph et l’exposition des œuvres du photographe Joe Kesrouani se voulait donc aussi un hommage aux artistes libanais en présence de nombreuses personnalités du monde de la culture.


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